Le gouvernement français a parfois utilisé de manière inappropriée des sociétés de conseil externes, a conclu la Cour des comptes française dans un rapport publié pour répondre aux préoccupations du public concernant l’externalisation des affaires publiques, en particulier depuis qu’Emmanuel Macron est devenu président.
La Cour des comptes a déclaré lundi que l’embauche de sociétés de conseil externes était devenue une option facile pour les administrateurs publics confrontés à des budgets serrés et à des contraintes de temps, mais elle a averti que les consultants intervenaient dans des domaines qu’ils ne devraient pas.
« L’externalisation d’une partie des tâches des administrations n’appelle pas d’objection de principe », écrivent les auditeurs.
Un consultant externe peut être un moyen utile et efficace de mettre en œuvre la politique, « cependant, la pratique a conduit à une utilisation inappropriée des missions de conseil ».
Certains consultants assument des rôles qui devraient rester dans la sphère publique, et l’auditeur a déclaré que l’État devrait réintégrer certaines capacités dans la fonction publique et faire appel à ses propres employés chaque fois que possible.
Demande citoyenne
Le tribunal s’est saisi de la question après que des citoyens ont demandé une enquête, à la suite d’un rapport du Sénat publié en mars 2022, quelques semaines avant l’élection présidentielle, qui a conclu que Macron et ses ministres étaient trop proches de consultants comme l’américain McKinsey.
Selon les auditeurs, les dépenses de l’État en cabinets de conseil ont triplé entre 2017, date de la première élection de Macron, et 2021.
Alors que les deux tiers des 890 millions d’euros dépensés en consultants en 2021 l’ont été pour des travaux externes comme l’informatique, le reste est pour des travaux intellectuels et stratégiques qui pourraient être considérés comme du ressort des fonctionnaires.
Bien que le tribunal ait noté que les dépenses de conseil ne représentaient que 0,04% des dépenses de l’État l’année dernière.
Suivre les réformes
Le tribunal a appelé le gouvernement à « peaufiner » une circulaire de janvier 2022 visant à limiter le recours aux conseils, qui avait été émise « sous la pression des événements ».
Le gouvernement affirme avoir réduit les dépenses de consultants de 35% entre 2021 et 2022 et imposé une limite de deux millions d’euros au montant pouvant être dépensé pour une entreprise donnée.
Le Sénat a adopté en octobre un projet de loi visant à limiter davantage la dépendance du gouvernement vis-à-vis des consultants, mais l’Assemblée nationale n’a pas encore débattu de ce projet de loi.
(avec les fils de presse)