D’après le dirigeant d’Horizons, il est impératif de s’interroger en premier lieu sur « la génération du nombre de praticiens » et d’accroître les aptitudes des autres acteurs du secteur médical afin de remédier à la pénurie.
« J’aurais souhaité que les médecins en exercice libre puissent s’accorder sur des règles régulatrices de leur installation » en réponse à la problématique des déserts médicaux, exprimait avec une certaine déception l’ancien Premier ministre Édouard Philippe, le jeudi 15 février, comme invité de France Bleu Mayenne. Il a de plus averti qu’en l’absence d’un consensus parmi les médecins pour établir cette règle, il est fort probable qu’elle soit, « tôt ou tard, dictée par les instances politiques ».
Édouard Philippe, qui occupe aujourd’hui la présidence du parti Horizons, montre une certaine ouverture à l’idée d’une régulation de l’installation des médecins sur le territoire mais il demeure sceptique sur l’idée qu’elle soit une réponse adéquate et suffisante au « problème majeur d’accès aux soins ». « Ce n’est pas la panacée; Il faut y réfléchir, c’est une éventualité à considérer le cas échéant », précise-t-il. Pour lui, la véritable question qui se pose en premier lieu, est celle relative à « la production du nombre de médecins ». « Le nombre de médecins progresse, mais cette progression reste insuffisante face à l’accroissement exponentiel des besoins », insiste-il.
Le retard de la France en matière de prévention
L’ancien Premier ministre plaide aussi pour favoriser l’élévation des compétences chez tous les acteurs qui contribuent au système de santé, citant par exemple, « les infirmiers et les pharmaciens ». Cependant, Édouard Philippe reconnaît que cette voie est « exigeante car elle nécessite des changements dans l’organisation, ainsi que dans la relation entre le médecin et le patient et entre le médecin et le pharmacien ».
L’ancien chef du gouvernement met également l’accent sur l’importance primordiale des politiques de prévention. « Vu que nous ne serons pas en mesure de former des milliers de médecins en quelques années, l’initiative la plus effective que l’on pourrait entreprendre en France serait celle d’effectives politiques de prévention », pointe-t-il. Sur ce point, il juge que la « France est très mal classée » et accuse un certain « retard », ce qu’il considère comme étant « un problème ».