Dans un document rendu public jeudi, l’organisation non gouvernementale Transport & Environnement critique vivement les sociétés françaises qui n’honorent pas les buts établis par la loi d’orientation des mobilités.
Selon une étude effectuée par l’ONG Transport & Environnement et publiée récemment, 60% des grandes entreprises basées en France n’adhèrent pas aux cibles d’électrification de leurs flottes de véhicules, exigées par la loi d’orientation des mobilités (LOM) de 2019. Cette loi s’adresse notamment aux 3447 sociétés qui détiennent plus de 100 véhicules légers, avec une exigence annuelle minimale de 10% d’électrification.
Léo Larivière, en charge de la Transition Automobile au sein de l’ONG Transport & Environnement, a expliqué lors d’une intervention sur 42mag.fr que le but n’est pas de stigmatiser ces entreprises, mais d’adresser un message fort à leur direction. Il a rappelé que cette loi a été votée et doit être respectée. Après deux ans, il n’est plus acceptable de ne pas la respecter, selon lui.
Quelques mauvais élèves : Carrefour, la SNCF et d’autres
Certaines entreprises semblent faire peu d’efforts pour électrifier leur flotte de véhicules. Transport & Environnement a tiré ces conclusions en observant les immatriculations de nouveaux véhicules en 2023. Carrefour, Air Liquide et Illiad, société-mère de Free, sont parmi les moins performants en termes d’électrification. En effet, seulement 1% des véhicules d’entreprises procédés l’année précédente par Air Liquide ou Illiad étaient électriques ou hybrides rechargeables. Ce taux est à peine de 4% pour Carrefour et la SNCF.
L’argument souvent avancé par ces entreprises est le coût initial élevé des véhicules électriques. À cela, Léo Larivière répond qu’il ne faut pas juste se concentrer sur le prix d’achat, mais prendre en considération le coût total de l’utilisation du véhicule, incluant l’essence, l’entretien, l’assurance et la maintenance, sur sa durée de vie. Il considère que les véhicules électriques sont plus économiques à l’utilisation.
Le député du parti Renaissance, Damien Adam, a proposé une loi qui instaurerait des pénalités pour les récalcitrants. Il invite les entreprises à prendre leurs responsabilités et à envoyer le bon signal en mettant en place les conditions nécessaires pour une transition réussie vers une flotte électrifiée.
En revanche, certaines entreprises misent sur l’électrification pour renforcer leur image, respecter leurs engagements en matière d’environnement et réduire leurs coûts d’utilisation. Par exemple, TotalEnergies compte une part globale de 72% de véhicules principalement hybrides rechargeables. La Sanef est à 63% et Spie, une entreprise française spécialisée en électrotechnique, est à 61%, avec une majorité de véhicules totalement électriques.
Cependant, Léo Larivière veut inciter les législateurs à revoir la loi actuelle qui permet d’inclure les véhicules hybrides rechargeables dans les 10% exigés. Selon lui, ces véhicules n’ont rien de « vert » car ils consomment beaucoup de carburant, ce qui est coûteux.