Le dirigeant de la CFE-CGC a apposé sa signature sur une tribune diffusée lundi sur la plateforme en ligne du quotidien Le Monde. Il y exhorte l’administration gouvernementale à abandonner son projet de réforme supplémentaire de l’assurance-chômage.
François Hommeril a contesté lundi 18 mars sur 42mag.fr les propos de Bruno Le Maire. Le dirigeant du CFE-CGC, accompagné de représentants de quatre autres syndicats, a écrit un éditorial dans le journal ‘Le Monde’ découvrant la nouvelle proposition de réforme de l’assurance chômage. Il a motivé cela par l’argumentation selon laquelle il faut mettre fin à la dévalorisation erronée des chômeurs. Le Maire a exprimé sa volonté de changer la durée des allocations de chômage sur France Inter le même jour. Il préconise une réforme axée sur la longueur des allocations plutôt que sur l’ampleur des paiements.
Des changements infondés
Selon Hommeril, le gouvernement semble être obsédé par les réformes juste pour le plaisir de réformer, sans jamais analyser l’effet des changements sur le terrain du point de vue de leur efficacité. Il accuse le gouvernement d’être ignorant des recherches réalisées sur le sujet. Il souligne que « Des études ont été menées sur les paiements d’assurance chômage et il a été démontré que le montant des allocations n’a pratiquement aucun impact sur la motivation de ceux qui cherchent du travail à retrouver un emploi. »
Hommeril ajoute que toutes les recherches effectuées en Europe montrent que le risque moral, c’est-à-dire le niveau de désengagement potentiel des demandeurs d’emploi par rapport à leur indemnisation, est généralement faible en France, comparativement à la moyenne européenne. Cela, malgré le fait que l’indemnisation est généralement plus élevée en France que dans le reste de l’Europe. Selon Hommeril, il a été prouvé que le montant de l’indemnisation n’a aucun lien avec la motivation et la facilité ou la difficulté à retrouver un emploi. Hommeril reproche au ministre de l’Économie de prendre des décisions en fonction des rumeurs entendues dans son café habituel le dimanche matin.
En rapport avec le montant de l’escompte de l’assurance chômage, Le Maire soutient une réforme axée sur la « durée » sans toucher au montant, tandis que Gabriel Attal est en faveur d’un resserrement des règles concernant également le montant de l’indemnisation.
« Bruno Le Maire ne comprend pas la réalité de la vie »
En ce qui concerne la durée pendant laquelle les allocations de chômage sont versées, Hommeril soutient que « cela dépend de la qualification que l’on a et de sa mobilité ». Il ajoute que « Quand on se retrouve au chômage et qu’on a une qualification assez élevée, trouver un emploi avec des qualifications similaires et une rémunération à peu près équivalente dans une région proche n’est pas aussi facile qu’on pourrait le penser. »
Hommeril souligne enfin que Le Maire ne comprend pas la vie réelle des chômeurs. « Il est difficile de traverser tout le pays pour chercher un emploi. Souvent, on a une famille, un partenaire qui a un emploi, ou on est séparé et on doit prendre soin des enfants en alternance. » Il conclut fermement que « C’est la réalité de la vie, que Bruno Le Maire ne comprend pas. »