« Ce que j’ai observé au cours de mes responsabilités au niveau européen est très inquiétant et me contraint à prendre part à la politique et à m’impliquer », explique-t-il pour expliquer son adhésion au Rassemblement national.
L’ancien dirigeant de l’agence Frontex, Fabrice Leggeri, qui est maintenant candidat aux élections européennes pour le Rassemblement national (RN), s’est exprimé le jeudi 29 février sur France Inter pour se défendre contre les accusations de non-intervention face à des actes répréhensibles commis par des membres de l’Union européenne. Il a critiqué cette situation en la qualifiant de manipulation politique contribuant à l’idée que les frontières ne peuvent être surveillées. Ceci est survenu après avoir quitté son poste à la direction de cette agence de contrôle des frontières européennes, une position qu’il a occupée pendant sept années, suite à des allégations de mauvaise gestion qui ont conduit à une enquête de l’Office européen de lutte antifraude (Olaf) en 2022.
D’après un rapport condamnant l’Olaf, Frontex avait été informé des renvois illégaux de migrants effectués par les gardes-côtes grecs et avait soutenu financièrement le refoulement illicite de ces personnes. Leggeri nie catégoriquement ces accusations, et affirme qu’il est erroné de dire qu’il n’a pas collaboré avec les moniteurs des droits fondamentaux. Il voit ces derniers comme des militants infiltrés au sein de l’agence et avance que si l’Union européenne souhaite vraiment adopter une attitude politique mûre et responsable, il est nécessaire de cesser d’introduire des militants au sein des agences chargées de surveiller les frontières.
L’ancien responsable de Frontex se justifie également en faisant référence à deux enquêtes antérieures. Il déclare: Une enquête menée par le conseil d’administration de Frontex en 2021 a conclu qu’il n’y avait pas de preuves étayant ces accusations et le Parlement européen a également conclu en 2021 que ces accusations ne pouvaient être prouvées. Il utilise ces soupçons pour justifier en partie son adhésion au Rassemblement national, en accusant certaines ONG d’exercer des pressions.
Ce que j’ai observé dans mes fonctions européennes est très grave et me pousse à me lancer en politique, dit-il. Il pense que le Rassemblement national est le seul parti en France qui ait le courage d’aborder clairement les questions d’immigration et qui a la capacité de diriger la France. C’est le seul parti qui s’oppose à l’Europe de Ursula von der Leyen, qui est l’Europe d’Emmanuel Macron, ajoute-t-il. Figurant en troisième position sur la liste de Jordan Bardella pour les élections européennes, Fabrice Leggeri estime que son recrutement pourrait séduire de nombreux hauts fonctionnaires et autres salariés publics.