Un jeu vidéo conçu spécifiquement pour les enfants souffrant de difficultés d’apprentissage a démontré son efficacité : il a notamment permis d’améliorer l’orthographe et la détection des sons chez ses utilisateurs.
Une première en France, une application de jeu vidéo appelée Poppins a été créée pour soutenir les enfants, âgés de 7 à 11 ans, souvent désignés comme « dys », qui luttent contre les problèmes d’apprentissage. Environ un million de ces enfants existent en France. Cette initiative révolutionnaire de la start-up Poppins est approuvée par une recherche scientifique et a été développée avec l’aide d’experts médicaux. L’application, qui a déjà montré son efficacité auprès des parents d’enfants dyslexiques, est également remboursée par certaines compagnies d’assurance santé.
Ce jeu vidéo, qui peut sembler ordinaire à première vue, présente un environnement de dessin animé avec une série d’obstacles à surmonter. Comme l’explique François Vonthron, le président de Poppins, « Sur l’écran, vous verrez un petit personnage en train de suivre deux autres qui traversent un parcours semé de trous. Si vous n’agissez pas au bon moment, vous risquez de tomber dans l’eau. »
« En suivant cette séquence rythmée, vous développerez votre capacité à anticiper la prononciation des sons lors de la parole »
François Vonthron, président de PoppinsInterviewé par 42mag.fr
Le jeu a été créé avec le soutien de grands noms du secteur du jeu vidéo, tels que Ubisoft et Warner Bros. Ce jeu thérapeutique a montré son efficacité auprès de Clément, un garçon de 10 ans atteint de dyslexie. D’après Emmanuelle, sa mère, son progrès a été remarquable : « Au départ, il jouait tous les jours. ‘Maman, je veux jouer à Poppins. Maman, ça ne marche plus après 20 minutes, peux-tu réparer le jeu ?’. Maintenant, il joue en soirée après ses devoirs. En jouant trois à cinq fois par semaine, il a réussi à faire moins de fautes de lecture et a amélioré sa reconnaissance des sons et son orthographe. »
Le jeu vidéo a été examiné lors d’un essai clinique
Pendant une durée de huit semaines, ce jeu vidéo a été soumis à un essai clinique. L’étude a démontré que le jeu a conduit à des améliorations en matière de précision et de rapidité de lecture. Catherine Grosmaitre, neuropsychologue en charge du centre de référence des troubles du langage et de l’apprentissage de l’Hôpital Necker-Enfants malades, explique : « Poppins a conçu son jeu en s’appuyant sur des recherches précédentes effectuées par d’autres scientifiques. Ces recherches avaient manifesté les difficultés spécifiques des enfants dyslexiques concernant le traitement des rythmes, et montré que travailler sur le rythme peut améliorer les compétences de lecture et phonologiques. »
L’objectif est de faire usage de Poppins en complément des sessions chez l’orthophoniste. Un abonnement à cette application pour une année coûte 26 euros par mois. Certaines assurances santé remboursent le coût intégral de l’abonnement. Les fondateurs de Poppins espèrent obtenir un remboursement par la sécurité sociale à partir de 2025.