Il y a de cela deux ans, en France, un département spécialisé a été mis sur pied pour traiter les affaires non résolues, appelées « cold case », au sein du parquet de Nanterre, situé dans les Hauts-de-Seine. Cette initiative a déjà donné des résultats positifs dans la résolution de certaines affaires en suspens. Cependant, du point de vue des familles des victimes, il reste encore beaucoup de travail à accomplir et les moyens mis à disposition par le parquet semblent insuffisants.
Les revendications des proches des victimes
La compagne de l’ogre des Ardennes, Monique Olivier, a été jugée coupable à la suite d’une enquête menée par le pôle « cold case ». De leur côté, les trois juges d’instruction de Nanterre (Hauts-de-Seine) ont identifié le présumé meurtrier de Caroline Marcel, assassinée en 2008, grâce à de nouvelles techniques d’analyse ADN. Ces premiers succès viennent récompenser le travail acharné des magistrats qui gèrent près d’une centaine de dossiers.
Pourtant, à l’approche du deuxième anniversaire du pôle, les familles d’autres victimes se font entendre. Elles estiment que beaucoup reste à faire pour que justice leur soit rendue. Selon l’avocat Didier Seban, il manque au moins deux juges, des assistants et un logiciel permettant de regrouper l’ensemble des affaires. Le père d’Estelle Mouzin, disparue en 2003, estime que le pôle devrait traiter un plus grand nombre de dossiers. Actuellement, le parquet de Nanterre, faute de moyens, demande à chaque juge d’instruction de se limiter à 30 affaires.
Les familles réclament également la mise en place d’un site internet public spécifique pour recueillir des informations. Elles souhaitent surtout que les autres parquets coopèrent en recensant tous les meurtres, viols et disparitions, afin de conserver cette mémoire criminelle essentielle à la résolution de ces affaires.