Le gouvernement local de Nouvelle-Calédonie a appelé au calme après les violences qui ont éclaté lors des manifestations contre les modifications de la constitution débattues à l'Assemblée nationale française et dénoncées par les partisans de l'indépendance du territoire d'outre-mer du Pacifique.
« Toutes les raisons pour lesquelles le mécontentement, la frustration et la colère ne peuvent justifier de blesser ou de détruire ce que le pays a pu construire pendant des décennies et de compromettre l'avenir », a déclaré mardi le gouvernement local dans un communiqué, après que les manifestations sont devenues violentes lundi.
Des violences ont éclaté en marge d'une manifestation organisée lundi par des indépendantistes contre des modifications de la constitution qui permettraient à davantage de résidents français de voter aux élections en Nouvelle-Calédonie, dont les indépendantistes craignent qu'elles ne diluent le vote des autochtones kanak.
Le président de la Nouvelle-Calédonie, Louis Mapou, a été élu en 2021 comme premier dirigeant indigène kanak indépendantiste.
Propriété détruite, couvre-feu
Plusieurs policiers ont été blessés lors d'affrontements avec des manifestants, haut-commissariat français dit mardiannonçant un couvre-feu dans la capitale, Nouméa, mardi soir.
Des bâtiments et des commerces à Nouméa et dans ses environs ont été endommagés et des voitures incendiées. Les pompiers ont déclaré avoir reçu près de 1 500 appels lundi soir et être intervenus sur 200.
Le Haut-commissariat français a déclaré que tous les rassemblements avaient été interdits et qu'une interdiction de vente d'alcool était en vigueur, avec un couvre-feu de 12 heures imposé mardi à partir de 18 heures, heure locale.
Le gouvernement local a fermé les collèges et lycées et tous les vols commerciaux ont été annulés, a indiqué mardi l'exploitant de l'aéroport dans un communiqué.
Changer la constitution
Les élections aux assemblées et au congrès de Nouvelle-Calédonie, prévues ce mois-ci, ont été reportées à la fin de l'année.
Un vote sur les modifications constitutionnelles était prévu à l'Assemblée nationale mardi après-midi, mais pourrait être repoussé, après que les débats de lundi soir n'ont pas pu se conclure en raison d'un grand nombre d'amendements introduits par le parti d'extrême gauche France Insoumise.
Les changements constitutionnels doivent être adoptés par l'Assemblée nationale, après avoir été approuvés par le Sénat, avant d'être envoyés en session conjointe des deux chambres pour réviser la constitution à une date qui n'a pas encore été fixée.
(avec fils de presse)