Des manifestations contre une montée de l'extrême droite ont eu lieu samedi dans plusieurs villes de France – avec des centaines de milliers de personnes appelant la nation à faire dérailler les espoirs du Rassemblement national anti-immigration de prendre le contrôle du Parlement lors des prochaines élections anticipées.
Quelque 200 manifestations ont rassemblé des foules craignant que les élections du 30 juin et du 7 juillet n'imposent à la France son premier gouvernement d'extrême droite depuis la Seconde Guerre mondiale.
Aux responsables politiques et syndicaux se sont joints des groupes féministes et LGBTQ+, des ONG environnementales et d’autres cherchant à bloquer à tout prix l’extrême droite et dénonçant un programme politique qui attise le racisme, la haine et l’homophobie.
Des personnalités politiques de gauche ont défilé côte à côte à Paris.
Parmi eux figuraient la chef du parti des Verts Marine Tondelier, la chef de France Insoumise Mathilde Panot, le chef du Parti socialiste Olivier Faure, le porte-parole du Parti communiste Ian Brossat et l'adjoint au maire de Paris Emmanuel Grégoire.
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Le syndicat de la ligne dure CGT a déclaré que 200 000 personnes avaient participé à la marche à Paris, bien que le ministère de l'Intérieur estime ce chiffre à plus de 75 000.
« La France est un patchwork de migrations. » Message factuel délivré lors d'un rassemblement anti-extrême droite à Paris. pic.twitter.com/nJRcLQloYh
– Alison Hird (@alisonsarahird) 15 juin 2024
Des gains historiques
Les manifestants contre le racisme se rassemblent quotidiennement depuis que le Rassemblement national (RN) a enregistré une victoire historique aux élections européennes de dimanche.
Le RN a recueilli plus de 30 pour cent des suffrages exprimés en France, soit près de deux fois plus que le parti centriste Renaissance du président Emmanuel Macron.
Les résultats ont incité Macron à dissoudre l’Assemblée nationale et à convoquer des élections surprises, ce que les experts considèrent comme un pari politique majeur.
Même si Macron restera au pouvoir jusqu’en 2027, sa présidence serait fragilisée si le RN accède au pouvoir gouvernemental et politique intérieur.
Bande de gauche
Pour éviter que cela ne se produise, la gauche a accepté vendredi de mettre de côté ses divergences sur les guerres à Gaza et en Ukraine et de former une coalition de « Front populaire ».
L'alliance présentera des candidats uniques dans chacune des 577 circonscriptions françaises.
Il devrait s'affronter face au RN, actuellement en tête des sondages pour le vote parlementaire, tandis que le camp de Macron peine à progresser face à ces deux blocs.
« Nous avons besoin d’un élan démocratique et social, sinon l’extrême droite prendra le pouvoir », ont déclaré vendredi les syndicats français dans un communiqué. « Notre République et notre démocratie sont en danger. »
Les candidats au premier tour des élections doivent être déposés avant dimanche à 18 heures.
Même si le Front populaire n'a pas encore publié son programme complet, il envisage d'abaisser l'âge de la retraite et d'introduire un nouvel impôt sur la fortune.
Les sondages d'opinion suggèrent que le RN – dont le fondateur a été condamné à plusieurs reprises pour racisme et antisémitisme – devrait être en tête au premier tour des élections législatives.
Une victoire pourrait mettre Jordan Bardella, chef du parti RN, 28 ans, sur la bonne voie pour devenir le prochain Premier ministre français.