Depuis plusieurs années, les rumeurs incessantes concernant le remplaçant de la Switch, bien qu’aucune n’ait été validée par Nintendo, ont captivé l’attention. Ces spéculations ont alimenté beaucoup d’attentes et de débats. Cependant, à la mi-février, le moral des investisseurs a pris un coup quand plusieurs sources médiatiques ont déclaré que le lancement tant attendu, initialement espéré pour cette année, pourrait ne pas se produire avant 2025.
Nintendo, le célèbre géant japonais du jeu vidéo, a révélé ce mardi 7 mai que des détails sur le très attendu successeur de sa console Switch, qui a désormais plus de sept ans, seront annoncés avant la fin de mars 2025. En même temps, ils ont aussi partagé des prévisions financières assez prudentes pour l’avenir.
Shuntaro Furukawa, le président de Nintendo, a déclaré sur X : « Nous dévoilerons des informations sur le successeur de la Nintendo Switch au cours de cet exercice fiscal« , qui se termine le 31 mars 2025.
Il a toutefois souligné qu’une prochaine présentation en juin, dédiée aux futurs jeux Nintendo, ne comporterait « aucune mention » de la nouvelle console.
Depuis le début de l’année en cours, les actions de Nintendo connaissaient une hausse en raison des spéculations sur une « Switch 2 » potentielle cette année. Cependant, ces annonces ont entraîné une chute de 13% du cours de l’action.
Vers une domination sur la PlayStation 2 ?
Les objectifs financiers dévoilés par le groupe de Kyoto (ouest du Japon) cette semaine montrent clairement que la future console n’aura qu’un impact mineur sur les résultats de l’exercice 2024/25. Nintendo prévoit un bénéfice net de 300 milliards de yens (1,81 milliard d’euros), soit une baisse de près de 40% par rapport à l’année précédente. De plus, la société anticipe un recul de 20% de son chiffre d’affaires pour cette période.
Déjouant toutes les attentes sur une fin de vie difficile, la Switch actuelle, lancée en mars 2017, a désormais dépassé les 141 millions d’unités vendues, a annoncé Nintendo mardi. Cette console se classe ainsi comme la troisième console de jeu la plus vendue de tous les temps, après la PlayStation 2 de Sony et la Nintendo DS. Selon Serkan Toto, analyste chez Kantan Games, la Switch « peut surpasser » ces deux modèles phares pour prendre la tête du classement, surtout « si Nintendo continue à la commercialiser pendant un certain temps après la sortie » de la nouvelle console, a-t-il déclaré sur X.
Sur le dernier exercice, Nintendo a vendu 15,7 millions de Switch, atteignant ainsi son objectif, et prévoit de vendre encore 13,5 millions d’unités en 2024/25.
Un secret bien gardé
Les ventes ont connu leur pic en 2020, lors des confinements dus à la pandémie de Covid-19, période durant laquelle de nombreux consommateurs se sont tournés vers les jeux vidéo pour se divertir. Cependant, les recettes ont ensuite enregistré une baisse, bien que la sortie de titres majeurs comme The Legend of Zelda: Tears of the Kingdom et le succès au box-office du film Mario aient en partie compensé cette diminution en 2023/24.
À l’inverse de ses rivaux Sony et Microsoft, souvent prévisibles, Nintendo préfère miser sur l’innovation plutôt que sur la seule puissance technique pour ses nouvelles consoles. Cette fois encore, l’entreprise maintient un secret strict sur ses futurs projets. Néanmoins, de nombreux analystes considèrent que dévier du concept hybride de la Switch, qui permet de jouer aussi bien en mode portable que sur une télévision, serait un pari risqué pour le groupe japonais.
Fuyant la routine, Nintendo a alterné, par le passé, entre des succès éclatants comme la Wii sortie en 2006 (qui a vendu 101,63 millions d’unités) et des échecs cuisants comme la Wii U lancée six ans plus tard (avec seulement 13,56 millions d’unités vendues).