Présenté dans la catégorie Un Certain Regard lors de la 77e édition du Festival de Cannes, le film « Santosh », dirigé par la réalisatrice indienne Sandhya Suri, sera projeté en salles ce mercredi.
Salué par Time Out comme un « polar captivant et puissamment féministe », et encensé par IndieWire pour offrir « une leçon de subtilité », Santosh porte à l’écran une histoire complexe de misogynie et de violences policières dans une petite bourgade indienne. Sorti le mercredi 17 juillet, ce film a récolté des critiques élogieuses depuis sa première projection en mai.
La réalisatrice, avec une grande sensibilité, brosse le portrait d’une femme indienne qui prend la relève de son mari dans la police après que ce dernier a péri en service. « Le projet original devait être un documentaire sur les violences faites aux femmes en Inde, mais il a pris une ampleur plus vaste, devenant un miroir de la société et des problématiques en cours, » raconte Sandhya Suri à l’AFP lors du festival de Cannes, où son film était présenté dans la section Un Certain Regard.
Des films indépendants difficiles à réaliser
« Il était crucial que ce film parle véritablement au public indien, et ne soit pas juste orienté vers les spectateurs occidentaux », explique-t-elle. Cette histoire « profonde et complexe » a suscité des sentiments mitigés chez beaucoup en Inde, confie-t-elle, en particulier concernant la vision qu’aurait la police sur le film, notamment ceux qu’elle connaît personnellement.
En Inde, de nombreux cinéastes de talent peinent à trouver une audience, ont souligné Sunita Rajwar et Shahana Goswami, qui tiennent les rôles principaux. « Le cinéma en Inde est majoritairement perçu comme un loisir commercial, guidé par des considérations économiques. Réaliser des films indépendants est un véritable défi, même s’ils ne coûtent pas cher, » explique l’actrice incarnant la jeune policière. Elle ajoute que Santosh « offre un reflet de notre environnement en Inde sans pour autant accuser quiconque, » dit-elle avec satisfaction.
Sunita Rajwar, interprétant l’officière la plus âgée et corrompue, a trouvé enrichissant de jouer ce rôle nuancé. « Nous voyons ses frustrations, ses craintes, et ses moments de bonheur, » dit-elle à l’AFP. « Elle se retrouve souvent seule, consciente de l’immoralité de ses actions, mais elle persiste faute de quelqu’un pour la corriger. »
Pour finir sur une note positive, l’Inde a vécu une belle année à Cannes, notamment avec All We Imagine as Light de Payal Kapadia, qui a décroché le Grand Prix dans la compétition principale.
La fiche
Genre : Thriller
Réalisateur : Sandhya Suri
Acteurs : Sunita Rajwar, Shahana Goswami, Sanjay Bishnoi
Pays : Inde
Durée : 2h08
Sortie : 17 juillet 2024
Distributeur : Haut et Court
Synopsis : Dans une région rurale du nord de l’Inde, une jeune femme nommée Santosh prend la place de son défunt mari dans la police. Lorsqu’un meurtre d’une jeune fille d’une caste inférieure survient, elle se retrouve au cœur d’une enquête labyrinthique avec l’aide de l’inspectrice Sharma, qui la guide dans ce chemin sinueux.