Le créateur de La France insoumise a mis en garde les représentants de la gauche qui envisageraient de ne pas soutenir la motion jeudi, en leur signalant qu’ils pourraient se retrouver confrontés à un candidat de LFI lors des élections législatives à venir. Par ailleurs, il a également proféré de nombreuses attaques verbales.
Après la déclaration de politique générale de François Bayrou le mardi 14 janvier, les membres du parti La France Insoumise ont, comme ils l’avaient annoncé, déposé une motion de censure. Jean-Luc Mélenchon a lancé un avertissement aux membres de la gauche qui hésiteraient à la soutenir. D’après lui, leur refus signifierait leur exclusion de l’accord du Nouveau Front Populaire (NFP). Il menace même de présenter un candidat de son parti pour défier les députés socialistes qui ne se conformeraient pas à ses directives lors des législatives. Depuis une dizaine de jours, il les critique vertement, les accusant de négocier avec le gouvernement. Il a employé des qualificatifs tels que « servilité », « forfaiture » et « reniement ». Mardi, il a une nouvelle fois exprimé son mécontentement avec vigueur, dans un style qui rappelle les films de gangsters à la manière des Tontons flingueurs. En faisant référence à une scène célèbre, Mélenchon semble vouloir rappeler à Olivier Faure quel est son poids politique. Depuis un certain temps, et notamment après une perquisition tumultueuse, il affirme haut et fort que la République, c’est lui ! De même, le NFP, c’est Jean-Luc Mélenchon. Quant à la gauche, là encore, il se considère comme l’unique leader.
Dans ce contexte tendu, le groupe socialiste est divisé quant à la stratégie à adopter lors du vote de la motion de censure qui aura lieu jeudi. Olivier Faure pencherait en faveur de cette censure, jugeant que les propositions de François Bayrou ne répondent pas aux attentes, d’autant que ce dernier n’a pas annoncé la « suspension » de la réforme des retraites mais plutôt une réouverture des discussions. Jean-Luc Mélenchon avait anticipé ce scénario et a sauté sur l’occasion pour rallier de nouveau les écologistes et les communistes, qui choisiront de soutenir sa motion de censure. Il exerce ainsi une forte pression sur le PS, pression qui pourrait finir par aboutir à la décision qu’il souhaite.
Quel devenir pour le Nouveau Front Populaire ?
L’avenir du Nouveau Front Populaire est-il compromis par ces nouvelles tensions ? Cela reste possible, mais il ne reste déjà plus grand-chose de cette coalition. Elle se contente désormais d’une existence électorale sans véritable ancrage, perdant progressivement ses électeurs, comme l’ont révélé des scrutins récents dans les Ardennes et en Isère. Sur le plan politique, cette alliance est en déclin, constamment secouée par les controverses entourant les positions de La France Insoumise sur des questions internationales, notamment au Proche-Orient. Le NFP ne dispose d’aucune structure de décision effective, pas même d’un intergroupe au sein de l’Assemblée nationale.
La situation de cette coalition est fortement influencée par les humeurs fluctuantes de Jean-Luc Mélenchon. Si les socialistes cèdent et votent en faveur de la proposition de LFI jeudi, ils s’affirmeront à nouveau comme des alliés secondaires aux insoumis. L’adage populaire sur la discipline militaire s’applique ici avec pertinence : « Réfléchir, c’est déjà désobéir ». Avec Jean-Luc Mélenchon, le fonctionnement du NFP semble similaire. L’insoumis semble avoir adopté la maxime du maréchal Lyautey selon laquelle « Quand les talons claquent à mon apparition, j’entends les cerveaux se fermer », soulignant sa conception rigide de l’unité politique.