Jusqu’à présent, le Brésil n’avait pas encore connu la victoire aux Oscars. Cependant, la nouvelle de la première récompense obtenue par une production brésilienne à Hollywood a enflammé l’enthousiasme général en plein milieu du carnaval.
Un triomphe éclatant pour le Brésil au Carnaval de Rio
Une immense vague de jubilation a envahi les festivités du carnaval de Rio le dimanche 2 février, à l’annonce que le Brésil avait décroché son tout premier Oscar grâce au film Je suis toujours là. Tandis que les danseurs du sambodrome vibraient au son énergique des percussions, une explosion de joie s’est répandue parmi les milliers de spectateurs présents.
Réactions enflammées au sambodrome
"Nous avons l’Oscar !" : C’est avec des cris euphoriques et des embrassades chaleureuses que la nouvelle a été accueillie, amplifiée par les haut-parleurs du sambodrome où quelque 70 000 spectateurs étaient rassemblés pour admirer les parades des écoles de samba. L’atmosphère frénétique rappelait celle des soirées mémorables de la Coupe du monde, dans un pays qui rêvait depuis longtemps de remporter une telle distinction aux prestigieux Oscars d’Hollywood.
Un récit puisé dans le réel
Le hasard avait voulu que le carnaval de Rio coïncide avec la cérémonie californienne, et cette convergence avait accru l’excitation, alors que le film de Walter Salles semblait de plus en plus susceptible de remporter l’Oscar du meilleur film international. Wesley Torquato, l’un des acteurs du film, a exprimé sa joie lors d’une interview : "C’est incroyable ! Être au sambodrome au moment où la victoire a été annoncée, c’était exceptionnel ! Vive le cinéma de chez nous !"
Le film primé s’inspire de la véritable tragédie de Rubens Paiva, ancien parlementaire kidnappé par le régime militaire en 1971. Il raconte les heures sombres de la dictature au Brésil et a déjà été récompensé par le prix du meilleur scénario au festival de Venise, ainsi qu’un Golden Globe pour la meilleure actrice dans un drame. La sortie de ce film coïncide avec la réouverture par la Cour suprême brésilienne du dossier de la disparition de Rubens Paiva.
Un sentiment national de fierté
"C’est un jour pour être encore plus fier d’être brésilien. Fiers de notre cinéma, de nos talents artistiques et, surtout, de notre démocratie," a affirmé le président Luiz Inacio Lula da Silva sur la plateforme X, en réponse à l’annonce de Los Angeles. Des festivités ont également eu lieu à São Paulo, Recife et Belo Horizonte, où l’ambiance carnavalesque régnait.
Ce dimanche, à Rio, les premières écoles de samba ont commencé leurs défilés pour la première des deux nuits du plus grand carnaval du monde. Jusqu’au mardi matin, les 12 meilleures écoles de samba de la "ville merveilleuse" se livreraient bataille pour décrocher le titre très convoité.
Dans les rues, des affiches et des panneaux rendaient hommage à Fernanda Torres, l’héroïne du film Je suis toujours là. De nombreux carnavaliers ont choisi de se déguiser en Eunice Paiva, le personnage qu’elle joue : une femme audacieuse affrontant le régime militaire pour retrouver son mari disparu.