Le film indépendant « Anora », mélange de drame et de comédie, s’est distingué en raflant cinq prix. En revanche, le long métrage « Emilia Pérez » réalisé par Jacques Audiard, qui a fait l’objet de nombreuses controverses, n’a obtenu que deux distinctions.
Triomphe pour la Tragicomédie « Anora »
Sean Baker a connu une reconnaissance exceptionnelle avec sa tragicomédie indépendante « Anora ». Ce cinéaste, qui avait déjà reçu la Palme d’or lors du dernier Festival de Cannes, a raflé cinq des distinctions les plus prestigieuses à la 97e cérémonie des Oscars, dans la nuit de dimanche à lundi 3 mars. Le film a été récompensé dans les catégories suivantes : meilleur film, meilleure réalisation, meilleur scénario original, meilleur montage, et meilleure actrice pour la talentueuse jeune Mikey Madison. L’histoire raconte un faux conte de fées où une strip-teaseuse de New York tombe amoureuse du fils d’un oligarque russe et doit faire face aux préjugés de classe de sa nouvelle famille extrêmement riche. Avec un budget modeste de six millions de dollars, ce film indépendant a surpassé des œuvres concurrentes telles que « Conclave », « The Brutalist », « Wicked », « Je suis toujours là » et « Emilia Pérez ».
Sécurité critique pour « The Brutalist »
Un autre chef-d’œuvre du cinéma indépendant américain, « The Brutalist », a lui aussi été remarqué, remportant trois Oscars : meilleure photographie, meilleure musique, et meilleur acteur pour Adrien Brody. Brody rejoint ainsi les rangs prestigieux de Marlon Brando et Jack Nicholson, devenant un double lauréat de cette fameuse statuette, 22 ans après avoir été honoré pour « Le Pianiste », où il interprétait un artiste confronté à l’horreur de la Shoah. Dans « The Brutalist », il offre une prestation saisissante en incarnant un architecte hongrois survivant de l’Holocauste, illustrant le rêve américain d’intégration. Sa performance a surpassé celles de Timothée Chalamet (« Un parfait inconnu »), Ralph Fiennes (« Conclave »), Sebastian Stan (« The Apprentice ») et Colman Domingo (« Sing Sing »).
Déception pour « Emilia Pérez »
Le film musical « Emilia Pérez » de Jacques Audiard, bien que nommé dans treize catégories, a connu une certaine désillusion. Toutefois, il a décroché l’Oscar du meilleur second rôle féminin grâce à la prestation de Zoe Saldana, qui incarne une avocate mexicaine désabusée, ainsi que celui de la meilleure chanson pour « El Mal », interprétée par la chanteuse française Camille et Clément Ducol. En revanche, l’Oscar du meilleur film étranger lui a échappé, remporté par le drame « Je suis toujours là », dirigé par le réalisateur brésilien Walter Salles. Jacques Audiard, fatigué par les controverses, a confié à l’AFP juste avant la cérémonie : « Je veux que ça cesse. Je veux partir sur autre chose. »
Distinctions Françaises
Sur le front français, le prix du meilleur film d’animation a été attribué à la production lettone « Flow », qui raconte les aventures touchantes d’un chat cherchant à survivre alors que sa planète est engloutie par la montée des eaux. Kieran Culkin a remporté l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle pour « A Real Pain », un film émouvant sur la famille et l’amitié, évoquant les souvenirs de la Shoah. Enfin, le film « The Substance », réalisé par la Française Coralie Fargeat, a reçu l’Oscar du meilleur maquillage et coiffure pour la transformation impressionnante de Demi Moore en une créature dépendante d’un sérum de jouvence aux effets monstrueux.