Les films qui font leur arrivée sur grand écran cette semaine sont présentés par Thierry Fiorile et Matteu Maestracci. Parmi eux, « Mickey 17 », une œuvre de Bong Joon Ho, ainsi que « Le système Victoria », réalisé par Sylvain Desclous.
Six ans après la sortie de Parasite, qui lui avait valu la Palme d’or et l’Oscar du meilleur film, le réalisateur sud-coréen est de retour avec un film de science-fiction complètement fou. Cette nouvelle œuvre, exubérante et pleine de rebondissements, explore des thèmes sérieux comme l’Intelligence Artificielle, les dangers des avancées scientifiques, et le désir humain de manipulation. Bong Joon Ho s’offre une véritable jubilation en mettant en scène des problématiques contemporaines chères à notre société.
« Mickey 17 » de Bong Joon Ho
Dans un futur proche, en 2054, Mickey Barnes, qui est interprété par Robert Pattinson dans un rôle de naïf un peu maladroit, se réfugie loin d’un partenaire peu scrupuleux et de créanciers intraitables. Il se fait recruter pour une mission de colonisation sur une nouvelle planète glacée, Niflheim. Dans ce nouvel univers, il devient un sujet d’expérimentation, capable de mourir à répétition et de revenir à la vie grâce à une imprimante 3D. Mais lorsque la version Mickey 17 ne revient pas d’une mission, c’est son réplicant, Mickey 18, qui voit le jour. Et lorsque Mickey 17 refait surface, c’est la confusion la plus totale. Dans ce chaos, un milliardaire excentrique, à la tête de cette planète, sème la discorde. Ce personnage, joué par Mark Ruffalo, évoque une combinaison intrigante de traits rappelant à la fois Elon Musk et Donald Trump, ce qui le rend à la fois comique et inquiétant.
Au cœur de cet univers en effervescence, le casting se libère, offrant une performance débordante de plaisir et d’énergie. À l’instar de Don’t Look Up, sorti quatre ans plus tôt, Mickey 17 parvient à insuffler de l’humour à une fresque du désordre mondial. Ce qui fascine particulièrement, c’est la capacité de Bong Joon Ho à anticiper les tendances futures, lui qui avait commencé le tournage en 2022, bien avant que l’on imagine l’ascension de figures comme Trump et Musk à de tels sommets.
« Le système Victoria » de Sylvain Desclous
Deux ans après avoir réalisé un film acclamé, De grandes espérances, le cinéaste, qui a une formation en sciences politiques, nous transporte cette fois-ci dans le noyau économique de La Défense, juste aux portes de Paris. Dans cet environnement, nous suivons deux architectes, David (joué par Sylvain Bonnard) et Dominique (incarné par Cédric Appietto), qui sont engagés dans le développement d’une nouvelle tour. Le projet est semé d’obstacles et souffre de nombreux retards. Quant à David, il peine à jongler entre ses responsabilités professionnelles et son rôle de père en garde partagée.
Au milieu de ce tourbillon, David croise le chemin de Victoria, un personnage intrigant magnifiquement interprété par Jeanne Balibar, dont l’aura séductrice et enigmatique apporte une étincelle à sa vie tout en le détournant de ses objectifs professionnels. C’est un film qui explore, avec une originalité saisissante, la psychologie et les tensions sexuelles au cœur d’un thriller urbain. Victoria devient ainsi une force irrésistible qui tourne habilement la situation à son avantage.