Ces dernières semaines, le prix du gazole a été remarquablement bas, ce qui pousse certains conducteurs à envisager l’achat de voitures utilisant le diesel.
En dépit d’un déclin dans les ventes, les voitures fonctionnant au diesel continuent d’attirer une partie significative des automobilistes en France. Bien que leur part parmi les véhicules d’occasion ait chuté à moins de 7%, beaucoup de conducteurs restent enclins à en acquérir. Parmi les raisons principales de cet engouement, on trouve le coût avantageux du gazole et l’assouplissement des réglementations de l’Union européenne concernant les voitures thermiques, au moment où les solutions 100% électriques ne parviennent pas encore à convaincre totalement.
Dans une concession située dans le Val-de-Marne, Sébastien Beke, un expert du secteur automobile, vient d’ajouter à son inventaire une voiture d’occasion diesel et il est confiant quant à sa vente rapide : « Cette auto, datant de 2007, affiche environ 100 000 km au compteur, donc son prix de vente sera inférieur à 15 000 euros ». Depuis l’an passé, il observe une augmentation de la demande pour ce type de véhicule.
« Nous avons constaté une hausse de 10 à 20% de la clientèle pour les voitures diesel de nos jours ».
Sébastien Beke, vendeur automobileà 42mag.fr
Sébastien note que ses clients, particulièrement ceux qui parcourent de longues distances, reviennent vers les véhicules diesel, souvent déçus par une expérience infructueuse avec les voitures électriques. « Un certain investissement est nécessaire. Pour que l’électrique soit rentable, il faut posséder un garage, une borne de recharge, et de plus, il est préférable de ne pas parcourir trop de kilomètres. Par exemple, si vous envisagez un trajet de 900 km pour rejoindre votre lieu de vacances, le problème qui se pose est le besoin de faire plusieurs arrêts », précise-t-il.
Stellantis relance la fabrication
Sur le terrain de la concession, Gilles, un automobiliste d’une cinquantaine d’années, se dit en quête d’une berline diesel « parce que nous faisons davantage de kilomètres ».
« Pour ceux qui effectuent de longues distances, c’est une option très économique ».
Un automobilisteà 42mag.fr
Une conductrice d’Île-de-France qui fait le plein près de la concession affirme également : « Le diesel est effectivement meilleur marché ».
En réponse à cette demande croissante, les fabricants revoient leur stratégie. C’est le cas notamment du consortium Stellantis. À l’usine de Rennes-La Janaie, Citroën a repris la production de son modèle diesel C5. « En janvier, la direction nous a notifié de la réactivation partielle de l’équipe pour satisfaire la sollicitation importante envers les motorisations diesel. Cette équipe contribue actuellement à produire plus de 100 voitures supplémentaires », indique Nadine Cormier du syndicat Force Ouvrière. Cette situation constitue une véritable manne pour le secteur automobile. « C’est une énorme opportunité », soutient Nadine Cormier. « Sur une période de six semaines, nous avons recruté plus de 140 employés intérimaires et rappelé environ une centaine qui avaient quitté l’entreprise en décembre ». Actuellement, les véhicules diesel constituent encore la moitié de la flotte automobile en France.