Suite au vote de la commission spéciale en faveur de la suppression des zones à faibles émissions (ZFE), le projet de loi visant à simplifier ces zones est désormais examiné par l’Assemblée nationale. Dans des villes telles que Lyon, où les écologistes jouent un rôle important, la perspective d’une élimination de ces espaces suscite des préoccupations.
Renforcer ou abandonner les Zones à Faibles Émissions (ZFE) ?
La question se pose de savoir s’il faut intensifier les efforts pour les Zones à Faibles Émissions (ZFE) qui interdisent les véhicules les plus polluants, ou s’il vaut mieux les abandonner complètement. Dès mercredi 9 avril, les parlementaires se pencheront sur un projet de loi visant à simplifier les règles des ZFE.
L’organisme Atmo, responsable de l’évaluation de la qualité de l’air, assure que ces zones ont démontré leur efficacité dans l’agglomération lyonnaise. Leur analyse prospective révèle un impact non négligeable.
Des réductions d’émissions significatives
Selon les données, l’arrêt progressif des véhicules polluants a conduit à une diminution de 20 % des émissions d’oxyde d’azote dans la région lyonnaise depuis le début de l’année. Marine Latham, la directrice générale d’Atmo, déclare : « Nous pouvons affirmer avec une bonne certitude que c’est la réduction à laquelle nous pouvons nous attendre. Supprimer les ZFE risque d’inverser cette tendance positive en stoppant le renouvellement des véhicules. »
L’association souligne qu’à certains endroits, comme les abords des grandes voiries, le niveau de pollution atmosphérique dépasse largement les seuils recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). C’est pourquoi, pour Bruno Bernard, président écologiste de la métropole de Lyon, l’idée de supprimer les ZFE est considérée comme « irresponsable ».
« Des ajustements sont évidemment nécessaires au sein des ZFE, mais tout remettre à plat serait une grave erreur. »
Bruno Bernard, président de la métropole de Lyoninterviewé par 42mag.fr
Un enjeu de santé publique
Bruno Bernard rappelle également une donnée préoccupante : la pollution de l’air entraîne environ 40 000 décès prématurés chaque année en France. « C’est énorme ! L’espérance de vie dans la métropole diminue de quinze mois à cause de cette pollution. »
Il faut noter que depuis le début de l’année, plus de 40 000 véhicules catégorisés Crit’Air 3 sont interdits de circulation dans l’agglomération lyonnaise. Cependant, ces mesures ne sont pas encore pleinement appliquées car les contrôles effectifs font défaut. Les forces de police municipale se concentrent sur d’autres priorités et l’État n’a pas encore déployé de radars spécifiques.