Lors d’une interview diffusée mercredi soir dans l’émission « C à Vous » sur France 5, Emmanuel Macron a annoncé que la France pourrait reconnaître l’État de Palestine « dans les mois à venir ».
La France pourrait franchir une étape symboliquement importante en reconnaissant officiellement un État palestinien. Toutefois, il est crucial de souligner le caractère hypothétique de cette action, car l’annonce marquante faite par Emmanuel Macron le mercredi 9 avril n’a pas encore pris forme concrète. Néanmoins, le président fixe une échéance, celle de juin, avec en ligne de mire une conférence aux Nations Unies qu’il co-présidera aux côtés de l’Arabie saoudite.
Il est pertinent de rappeler que la France a toujours montré une constance historique en soutenant la solution des deux États au Moyen-Orient, une solution qui suppose l’existence d’un État palestinien. Jusqu’à présent, à l’instar des autres pays européens, la France a privilégié la voie des négociations plutôt qu’une reconnaissance unilatérale de la Palestine, qui resterait essentiellement symbolique et sans impact concret.
Emmanuel Macron avait déjà indiqué l’an passé que ce sujet n’était pas un tabou. Aujourd’hui, s’il semble prêt à aller plus loin, c’est en partie dû à l’enlisement des négociations, aussi bien concernant le cessez-le-feu à Gaza que la recherche d’une solution politique durable. L’arrivée de Donald Trump à la présidence des États-Unis, avec son administration favorable à Israël, encourage la poursuite des colonisations en Cisjordanie et pourrait aboutir à une annexion complète. Face à cela, l’Élysée cherche à exprimer son désaccord et à poser une limite claire.
Vers une approche équilibrée
La démarche d’Emmanuel Macron s’accompagne de conditions car il souhaite aborder la question palestinienne tout en assurant la sécurité d’Israël. Son objectif est de rallier d’autres pays à cette reconnaissance d’un État palestinien tout en incitant des nations qui ne reconnaissent toujours pas Israël à le faire. Cela inclut des pays tels que le Qatar, l’Algérie, le Liban, ou encore l’Arabie Saoudite, qui avaient entamé une ouverture lors du premier mandat de Donald Trump, avant que les hostilités à Gaza ne viennent interrompre ce mouvement.
Les dix-huit mois de conflit et les lourdes pertes humaines palestiniennes compliquent davantage la normalisation des relations avec les pays arabes. Ainsi, la démarche d’Emmanuel Macron apparaît très incertaine, mais elle représente sans doute une tentative de relancer un processus figé.
À ce jour, 147 des 193 pays membres de l’Organisation des Nations Unies reconnaissent l’État palestinien. Parmi eux, seuls quatre pays européens ont fait ce choix : la Suède depuis 2014, suivie récemment par l’Espagne, l’Irlande, la Norvège, et la Slovénie. Ces décisions s’inscrivaient dans l’espoir d’influencer la politique israélienne à Gaza, mais elles n’ont pas eu l’effet escompté et ont même provoqué une chute des relations diplomatiques avec Israël, qui a qualifié cette reconnaissance de « récompense au terrorisme ».