Dans une interview accordée au journal « Les Echos », l’ancien chef du gouvernement propose de mettre en place une nouvelle réforme visant à instaurer un système de retraite qui serait à la fois universel, flexible et favorable à la croissance économique. Il suggère que cette réforme soit soumise à la validation des citoyens par le biais d’un référendum organisé avant l’année 2027.
Gabriel Attal joue une nouvelle carte politique. Le dirigeant du parti Renaissance, mouvement soutenant la présidence, a avancé, dimanche 29 juin, dans une interview aux Echos, l’idée de réformer le système des retraites en s’appuyant non plus sur l’âge légal de départ, mais sur la durée de cotisation. Cette proposition fait partie d’un ensemble de mesures économiques, qui incluent notamment une année blanche ou des économies réalisées sur les arrêts maladie, dans la perspective de l’élection présidentielle prévue en 2027.
Peu après l’échec des discussions entre partenaires sociaux concernant la réforme des retraites, l’ancien Premier ministre a assuré qu’il soutiendrait au Parlement les initiatives gouvernementales « qui améliorent la réforme à condition qu’elles soient financées », tout en insistant sur la nécessité de mettre en place une nouvelle réforme. Il se déclare favorable à un système de retraite « universel, libre et productif », qui ne reposerait plus sur l’âge légal de départ, controverse majeure depuis la hausse de 62 à 64 ans introduite en 2023, mais uniquement sur une exigence de durée de cotisation, impliquant de travailler plus longtemps.
Un impact salarial de 40 milliards d’euros selon lui
Sa réforme intégrerait « une part de capitalisation », même s’il ne précise pas son montant. Il souligne que « l’urgence est d’assurer la stabilité financière du système à court terme » et suggère de soumettre cette réforme à un référendum si « l’on juge urgent de la mettre en œuvre », ou de laisser la campagne présidentielle trancher ce débat. Pour combler le déficit, il propose également de désindexer certaines pensions de l’inflation, soulignant que « l’indexation pleine et automatique de toutes les pensions n’est pas un préalable intangible », précisant que cela coûte « 15 milliards d’euros en 2024 ».
Par ailleurs, il n’exclut pas la possibilité, dans le cadre du prochain budget, d’adopter une « année blanche », qui consisterait à geler certaines dépenses en les maintenant à leur niveau actuel, sans ajustement à l’inflation. Concernant le volet travail, issu des « conventions thématiques » de son parti, le leader des députés Renaissance souhaite initier un « choc salarial » de « 40 milliards d’euros de hausse des salaires », notamment en “supprimant la part salariale des cotisations vieillesse”.