Portée par des jeunes étudiants, la contestation contre le gouvernement agite le pays depuis plusieurs mois, suite à un effondrement tragique survenu dans la gare de Novi Sad, qui a provoqué des pertes humaines.
Un mouvement de protestation massif. Près de 140 000 personnes, d’après une source indépendante, ont défilé le samedi 29 juin en Serbie pour réclamer des élections législatives anticipées, maintenant la pression sur le gouvernement après plus de sept mois d’un vaste mouvement de contestation initié par les étudiants à travers tout le pays. « Nous voulons des élections ! », scandaient les manifestants, qui ont envahi en fin d’après-midi la plus grande place de Belgrade, la capitale. Dans cette foule, les protestataires agitaient notamment des drapeaux serbes ainsi que des pancartes portant les noms de diverses villes et villages du pays, ont rapporté plusieurs journalistes de l’AFP présents dans le cortège.
Bien que les incidents violents soient peu fréquents depuis le lancement de ce mouvement, quelques affrontements ont eu lieu entre petits groupes de manifestants, dont certains brandissaient des fumigènes, et les forces de l’ordre, qui ont riposté avec des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes. Dans un communiqué officiel, la police a avancé que la manifestation avait rassemblé 36 000 personnes, mais les reporters de l’AFP ainsi que plusieurs vues aériennes montrent clairement une participation bien supérieure.
Un face-à-face avec le président Aleksandar Vucic
Ce mouvement est né à la suite de l’effondrement, survenu le 1er novembre 2024, de la toiture en béton d’une gare à Novi Sad, dans le nord du pays, accident ayant causé la mort de 16 personnes, dont deux enfants. Exaspérés par le manque de réaction du gouvernement populiste de droite face à ce drame et à la corruption endémique dans le pays, des porte-paroles étudiants ont rapidement pris la tête de la mobilisation. Au fil des mois, ils ont formulé plusieurs revendications, notamment l’ouverture d’une enquête indépendante, et réclament depuis mai l’organisation d’élections législatives anticipées. Ces derniers jours, ils ont présenté deux exigences au président Aleksandar Vucic : la dissolution immédiate du Parlement ainsi que le retrait de ses partisans qui occupent les abords de la présidence depuis le 12 avril.
Selon l’ultimatum lancé par les étudiants, le président avait jusqu’au samedi soir à 21 heures, heure locale, pour donner une réponse claire à ces exigences. Une fois le délai expiré, des représentants étudiants ont lu un communiqué devant les manifestants : « Peuple de Serbie ! Le temps imparti est écoulé, mais pas pour nous (…). Cette lutte ne concerne pas seulement les étudiants. Aujourd’hui, nous exigeons tous des élections. Nous nous lèverons tous et nous triompherons tous ».