Suite à l’assassinat d’Hichem Miraoui dans le département du Var, Mathieu Molard, qui occupe le poste de rédacteur en chef chez StreetPress, s’est exprimé lors du Talk diffusé sur 42mag.fr. Il y décortique la manière dont l’extrême droite ainsi que les mouvements identitaires marginaux ont transformé ce tragique événement en un enjeu politique centré sur la question de l’identité.
« On constate une présence bien plus marquée d’un discours raciste dans les médias qu’il y a une décennie, voire deux », observe Mathieu Molard, rédacteur en chef chez StreetPress, lors du Talk diffusé sur 42mag.fr ce mercredi 11 juin. Le 31 mai dernier, à Puget-sur-Argens dans le Var, Hichem Miraoui, un coiffeur d’origine tunisienne, a perdu la vie. Le principal suspect dans cette affaire est désormais accusé d’« assassinat et tentative d’assassinat liés à une entreprise terroriste, motivés par la race, la religion ou l’origine ».
Face aux nombreuses réactions, notamment celles provenant de l’avocat représentant la famille de la victime ainsi que de plusieurs figures politiques, tous pointant du doigt un « climat raciste » qui s’accentuerait en France, Mathieu Molard souligne néanmoins une certaine contradiction au sein des « études approfondies sur les opinions des Français ». « Les Français sont-ils devenus plus homophobes qu’il y a 20 ans ? La réponse est non. Sont-ils aujourd’hui plus racistes ou intolérants qu’à cette époque ? Plutôt non également », précise-t-il. Le journaliste nuance cependant son propos en matière de racisme : « On avait fait des progrès, mais dorénavant, les avancées restent stables, voire il y a parfois un léger recul ».
Une politisation accrue autour des questions identitaires
Selon le responsable éditorial du média indépendant StreetPress, « le débat sur l’identité a été largement politisé ». « Autrefois, une part non négligeable de la population nourrissait des préjugés racistes mais cela ne dictait pas leur vote, ce n’était pas le facteur déterminant dans leurs choix électoraux ».
« À présent », et sous l’effet d’une mobilisation orchestrée par l’extrême droite politique ainsi que par des groupes identitaires, ce sujet a été consacré au premier plan des questions déterminantes lors des scrutins », développe Mathieu Molard.
« Avant l’année 2001, aucune élection présidentielle ne s’est construite autour d’un débat sur l’identité. Depuis cette date, toutes les campagnes électorales ont intégré, parmi les deux ou trois thématiques phares, la question identitaire. »
Mathieu Molard, rédacteur en chef à StreetPressà 42mag.fr
« Ce qui s’est produit, c’est la politisation d’un certain « réactionnarisme » », déplore Mathieu Molard.