Les résultats de l’enquête baptisée « PestiRiv » étaient initialement attendus pour l’année 2024. Cependant, le ministère chargé de la Transition écologique indique que cette étude n’a pas encore été achevée.
Trois organisations, à savoir France Nature Environnement, Alerte des Médecins sur Les Pesticides et Générations Futures, ont dénoncé ce mardi 24 juin le gouvernement qu’elles accusent de « freiner la diffusion de PestiRiv' », une recherche lancée en 2021. Il s’agit du second volet d’une investigation épidémiologique, comme l’ont rapporté ces associations à France Inter. Cette étude, conduite conjointement par Santé publique France et l’Anses, vise à évaluer l’impact des pesticides sur les populations résidant dans les zones viticoles, en particulier les riverains situés à proximité immédiate des vignobles.
Incompréhensions autour de la lenteur de la diffusion de l’étude
« Il est surprenant que, alors que la loi Duplomb est actuellement en discussion, facilitant l’usage des pesticides, cette recherche tarde autant à être rendue publique », remarque Pierre-Michel Périnaud, membre de l’association Alerte des Médecins sur Les Pesticides. Selon lui, « le risque de leucémie chez un enfant évoluant dans une zone viticole s’accroît proportionnellement à la densité des vignes situées dans un rayon d’un kilomètre de son domicile ». Il ajoute : « cette observation soulève un certain nombre d’interrogations : quelles en sont les causes ? Quelles substances chimiques sont impliquées ? Par quels mécanismes la population est-elle exposée ? PestiRiv est précisément l’étude chargée de répondre à ces questions », insiste ce porte-parole.
Absence de calendrier précis et menaces de recours judiciaire
Ni l’Anses ni Santé publique France ne fournissent pour le moment de date claire concernant la publication des résultats, alors que ceux-ci étaient initialement attendus en 2024. Du côté du ministère de la Transition écologique, il est seulement précisé que le travail n’est pas encore achevé. De son côté, l’association Générations Futures envisage déjà d’engager une action en justice afin de contraindre l’État à divulguer ce rapport, qu’elle juge crucial.