Emmanuel Macron souhaite conserver une influence sur la scène politique au-delà de l’année 2027. Étant donné que la Constitution l’empêche de briguer un nouveau mandat à la prochaine élection présidentielle, le président en exercice entretient une certaine incertitude concernant ses projets pour l’échéance de 2032.
Emmanuel Macron envisage-t-il déjà la présidentielle de 2032 pour refaire surface sur la scène politique ? Ce ne sont plus de simples critiques, mais de véritables projectiles que lance l’actuel président de la République. Le samedi 5 juin, il a fait une apparition remarquée au rassemblement célébrant les dix ans des Jeunes avec Macron, qui ont temporairement changé de nom pour devenir les « Jeunes en marche ». Bien que son nom ait été retiré du mouvement, Macron a tenu à démontrer qu’il resterait un acteur incontournable, et pour longtemps. « Je suis venu vous dire que ce n’est pas terminé. J’aurai besoin de vous dans deux ans, dans cinq ans, dans dix ans ! » a-t-il presque supplié. Refuser de perdre ce rôle d’autorité bienveillante auprès de ces jeunes, à qui il doit beaucoup, reste une priorité pour lui.
Ce n’est pas une nouveauté que le président laisse planer la possibilité d’une troisième candidature à l’élection présidentielle. Lors d’une interview récente sur TF1, Emmanuel Macron a esquivé la question de Gilles Bouleau qui lui demandait s’il excluait de se présenter en 2032. De plus, il a semblé regretter sa position unique dans l’Histoire française : « le premier président de notre pays qui, constitutionnellement, ne peut pas se représenter. » Cette règle, qui empêche plus de deux mandats consécutifs et qui lui interdit donc de se présenter en 2027, avait été qualifiée de « funeste connerie » par le président à l’été 2023.
Empêcher un retrait progressif
La raison pour laquelle Emmanuel Macron remet cette question en avant si tôt est assez claire : sans participations aux élections, un homme politique ressemble à un champion d’échecs sans tournoi, un compositeur sans mélodie ou un soliste sans spectateurs. C’est une forme d’agonie politique à laquelle il veut échapper. En évoquant une possible candidature en 2032, il cherche à contrecarrer ce qui pourrait s’apparenter à un déclin irréversible. Son message s’adresse également aux macronistes, notamment à ceux parmi ses anciens alliés qui agissent comme s’ils n’avaient aucune dette envers lui, agissant déjà comme s’il n’était plus présent. Dans son collimateur, Emmanuel Macron a placé Gabriel Attal qui, lors du meeting, a franchi une nouvelle étape vers 2027 en affirmant vouloir offrir une voie claire aux Français. « Trop parler de cette échéance, céder aux stratégies, cela ne mènera à rien ! » a-t-il sèchement réprimandé, ignorant manifestement Attal tout au long de la cérémonie.
Le ressentiment qu’Emmanuel Macron nourrit envers Gabriel Attal est notable. Fin 2024, il a tenté d’empêcher son ancien Premier ministre de devenir le leader du parti Renaissance, redoutant de perdre le contrôle de son mouvement… sans succès. À présent, le président s’efforce de mettre sur la touche ceux qui pourraient lui faire de l’ombre — ou peut-être qui lui ressemblent trop. Maîtriser l’élection de 2027, c’est aussi tracer un chemin dégagé pour 2032. Paradoxalement, cette stratégie vise à éviter les répercussions politiques d’une crise qu’il a lui-même accélérée en choisissant de dissoudre l’Assemblée nationale.