Les fédérations qui regroupent les écoles de conduite alertent sur une crise majeure et envisagent de déclencher une mobilisation importante dès la reprise des cours.
Les acteurs du secteur de la conduite tirent la sonnette d’alarme face à une « pénurie alarmante » de places disponibles pour les examens du permis de conduire, comme indiqué dans un communiqué consulté lundi 7 juillet par l’agence Radio France. Les représentants des écoles de conduite, notamment Mobilans, Unidec et Unic, réclament des interventions immédiates dès cet été.
Ils pointent du doigt « une situation critique affectant l’ensemble des 12 700 auto-écoles présentes sur le territoire national, ainsi que plusieurs centaines de milliers de candidats ». « En 2024, seulement 1,567 million de places pour les examens ont été proposées, alors qu’il en faudrait au minimum 2,19 millions en 2025 afin de répondre à l’augmentation du nombre de jeunes candidats, en particulier à cause de la réforme abaissant l’âge d’obtention du permis », précisent-ils.
Inégalités territoriales accentuées
Les professionnels alertent également sur de fortes disparités géographiques qui provoquent une « rupture manifeste d’égalité entre les postulants selon leur zone de résidence ». En l’absence de suffisamment de créneaux pour passer l’examen, certains élèves doivent accumuler et financer parfois jusqu’à 37 heures de conduite, voire 60 heures dans certains départements, simplement pour tenter une première présentation à l’examen, et autant en cas de nouvel échec.
Au-delà de leur demande d’augmentation conséquente du nombre de créneaux disponibles, ces organismes professionnels avancent plusieurs propositions pour « fluidifier le fonctionnement » du système, ainsi que pour « renforcer les chances de réussite des candidats ». Cela passe par une hausse du nombre d’heures minimum obligatoires avant de se présenter à l’épreuve, une refonte de la grille d’évaluation, un abaissement de l’âge pour commencer l’apprentissage anticipé afin de profiter d’une formation plus progressive, ainsi que la mise en place « d’une attestation temporaire de circulation afin d’éviter les blocages ». Ils suggèrent également d’augmenter les effectifs des inspecteurs ou de diversifier les personnes habilitées à examiner.
Ces professionnels demandent à rencontrer François-Noël Buffet, ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur. « Faute de réponse, les organisations envisagent de lancer une mobilisation importante à Paris dès la rentrée », préviennent-ils.