Lorsqu’on lui demande de reprendre le fil des discussions budgétaires devant le Parlement, Naïma Moutchou, invitée politique lors de l’émission du 7 janvier, affirme que les échanges restent en cours et qu’aucune décision n’est encore prise. La question de la surtaxe pesant sur les entreprises, soutenue par le PS et par le ministre de l’Économie, Roland Lescure, pourrait toutefois figurer dans un compromis envisageable.
Le budget destiné à l’année 2026 sera-t-il définitivement adopté ? La tension progresse peu à peu à la rentrée, alors que les débats parlementaires reprennent leurs travaux. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, envisage de remettre sur la table une surtaxe sur les résultats des entreprises, mesure que le Sénat avait écartée lors de l’examen du texte dans la chambre haute. Rien n’est « tabou », affirme Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer, lors de son passage en tant qu’invitée politique dans « La Matinale », mercredi 7 janvier.
Ce passage est tiré d’une partie de la retranscription de l’entretien présenté ci-dessus. Pour voir l’intégralité de l’interview, cliquez sur la vidéo.
Alix Bouilhaguet : Le budget réapparaît à l’Assemblée nationale. L’écheveau s’esquissera particulièrement demain, devant la Commission des finances. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, souhaite que la France puisse rapidement se doter d’un budget. Partagez-vous cet optimisme ?
Naïma Moutchou : Tout à fait, car nous n’avons pas d’autre option. Le point de départ, c’est bien le Parlement. Comme vous l’avez mentionné, les discussions s’ouvriront cette semaine et devraient, d’après toute vraisemblance, se poursuivre sur une période d’environ dix à quinze jours à travers les séances publiques en hémicycle, afin de parvenir à doter le pays d’un budget. Nous en avons besoin, car nous fonctionnons sous le régime de la loi spéciale, qui représente un service minimum. Étant donné que je suis ministre des Outre-mer, je peux dire avec certitude que ces territoires — Mayotte, la Nouvelle-Calédonie notamment — ont un besoin urgent d’un budget pour lancer leurs projets et avancer.
Roland Lescure a plaidé pour le rétablissement de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, supprimée par le Sénat. Est-ce que cela suffit pour gagner la clémence des socialistes ?
Ce sera assurément l’un des sujets débattus au sein des discussions parlementaires. Il faut qu’il y ait un point d’accord, un élément de compromis. Les échanges sont en cours, tout est sur la table et aucune thématique n’est taboue. Nous savons vers où ces échanges peuvent nous mener, et l’objectif initial demeure de construire un compromis avec toutes les forces politiques qui le souhaitent.
Contrairement au projet de loi relatif à la Sécurité sociale, on sait que les socialistes, eux-mêmes l’ayant affirmé, ne voteront pas le budget. Dans le scénario le plus favorable, Sébastien Lecornu pourrait obtenir une abstention en cas de recours au 49.3 et en cas de motion de censure. Le Premier ministre doit-il assumer ses responsabilités et employer le 49.3 au moment opportun ? On prête à Emmanuel Macron une incitation à agir dans ce sens.
Il faut d’abord laisser une chance au dialogue entre les forces politiques. Le Parlement est souverain. Nous verrons donc où ces échanges entre partis mèneront. Puis nous connaissons les solutions disponibles. Si la voie naturelle du vote par le Parlement n’est pas envisageable, il reste la possibilité d’activer le 49.3 ou d’imposer l’adoption du budget par ordonnance. Mais chaque chose en son temps.
Donc tout cela n’est pas tabou. Si l’usage du 49.3 s’impose, cela sera-t-il fait ?
Ce qui n’est pas tabou, c’est le besoin impérieux de doter la France d’un budget dans les plus brefs délais.
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