Le Premier ministre, qui s’est résigné à une adoption du budget sans vote à l’Assemblée, par 49.3 ou par ordonnances, a égrené vendredi des annonces, dont certaines à destination des ménages.
Sébastien Lecornu s’est résigné à faire adopter le budget sans vote, soit par l’article 49.3 de la Constitution ou par le biais d’ordonnances. Le vendredi 16 janvier, il a enchaîné une série d’annonces dans l’objectif notamment d’obtenir une entente avec les socialistes afin d’éviter une censure à l’Assemblée nationale. Le Premier ministre a ainsi annoncé une hausse de la prime d’activité, tout en garantissant qu’aucune hausse de la fiscalité ne serait imposée aux ménages.
Sébastien Lecornu a pointé du doigt ce qu’il a appelé la « stratégie cynique » de La France insoumise et du Rassemblement national, les accusant d’avoir rendu le budget « incohérent et donc invotable ». Il a également défendu un projet de loi de finances « meilleur », « responsable », qui permettrait de ramener le déficit à 5 % du PIB, contre 4,7 % prévu initialement. Le Premier ministre n’a pas précisé s’il privilégierait l’article 49.3 ou les ordonnances et a exprimé sa « tristesse » face à l’échec de sa méthode sur le budget de l’État, mais a affirmé ne pas abandonner. Voici l’essentiel de son allocution.
Une augmentation de la prime d’activité et pas de hausse de la fiscalité des ménages
Plusieurs mesures ont été détaillées pour les ménages. Le chef du gouvernement a annoncé que le budget prévoirait une augmentation moyenne de 50 euros par mois de la prime d’activité, une aide destinée aux travailleurs à revenus modestes, afin de bénéficier à plus de trois millions de ménages. « Le budget de l’État doit refléter une priorité claire : être du côté des travailleurs », a-t-il déclaré, reconnaissant que le plan initial, qui prévoyait de réduire cette aide, constituait une faute.
Par ailleurs, il a assuré qu’aucune hausse de la fiscalité ne frapperait les ménages dans ce prochain budget. Le barème de l’impôt sur le revenu sera indexé sur l’inflation. En revanche, la « réforme » de l’abattement sur l’impôt pour les retraités – qui prévoyait de faire passer l’abattement de 10 % à un plafond annuel de 2 000 euros – est abandonnée. Lecornu a aussi annoncé l’abandon de l’année blanche pour les allocations sur le logement (APL). Des concessions qui ont été apportées aussi bien aux socialistes qu’aux Républicains et aux groupes Renaissance et Liot.
Le maintien des bourses étudiantes et la généralisation du repas universitaire à un euro
« Ce budget doit placer la jeunesse au premier plan », a encore affirmé le chef du gouvernement, qui a annoncé deux avancées majeures sur ce dossier. Les bourses étudiantes seront maintenues et la généralisation du repas universitaire à un euro a été actée. Cette mesure, jusqu’ici réservée aux étudiants bénéficiant d’une aide, était demandée tant par les socialistes que par les organisations représentatives des étudiants.
Quelque « 2 000 postes supplémentaires seront créés » dans l’Éducation nationale, a-t-il ajouté, y compris pour accueillir nos enfants en situation de handicap, et il a aussi promis d’accroître les moyens alloués à l’ensemble des universités et des organismes de recherche.
Des engagements en faveur du logement et de l’écologie
Sébastien Lecornu a aussi pris des engagements en matière de logement et de transition écologique, alignant ses propositions sur les attentes exprimées par l’opposition de gauche ainsi que par certains alliés du centre-droit. Les fonds destinés aux bailleurs sociaux seront augmentés de 400 millions d’euros « pour construire davantage et rénover mieux », répondant à une revendication des socialistes. Le chef du gouvernement a par ailleurs annoncé l’élaboration des bases d’un statut pour le bailleur privé, afin de dynamiser l’investissement locatif, conformément aux souhaits du MoDem et d’Horizons.
Sur le volet logement, une hausse de 400 millions d’euros des moyens pour les bailleurs sociaux a été mise en avant afin d’encourager une activité de construction et de rénovation plus soutenue. Concernant l’écologie, le Premier ministre a mentionné la mise en place d’un fonds vert doté d’une enveloppe de 200 millions d’euros pour financer de nouveaux projets, tout en garantissant le maintien du dispositif MaPrimeRenov’ tel que le PS le réclamait. Il a également assuré que les engagements pris pour apaiser les agriculteurs seraient tenus.







