Le budget de l’État pour l’année 2026 a obtenu son aval définitif ce lundi. Ce document prévoit des évolutions concrètes qui toucheront une partie des Français, tout en laissant de côté de nombreuses mesures qui avaient été au cœur des discussions entre les parlementaires.
Au terme d’un long bras de fer qui a duré près de quatre mois, le budget de l’État pour 2026 a été définitivement adopté lundi 2 février, après l’usage du 49.3 par le Premier ministre Sébastien Lecornu et le rejet, à l’Assemblée nationale, des deux motions de censure déposées par l’opposition.
Le texte doit encore obtenir l’aval du Conseil constitutionnel, saisi directement par le chef du gouvernement, avant d’être promulgé dans les jours qui viennent. À l’issue de cette étape politique rapprochant tant bien que mal ce budget, 42mag.fr vous propose un tour d’horizon des évolutions les plus concrètes (et aussi de ce qui demeure inchangé), selon les situations individuelles, du pouvoir d’achat au niveau d’imposition.
Pour les retraités, l’abattement fiscal est maintenu
C’était l’un des volets les plus sensibles. En définitive, il ne sera pas mis en œuvre. Le gouvernement avait envisagé de remplacer l’abattement de 10% dont bénéficient les retraités sur leurs revenus par une somme forfaitaire de 2 000 euros par personne, mais cette option a été écartée et ne figure pas dans le budget 2026.
Avant cela, dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, le gouvernement de Sébastien Lecornu avait accepté de suspendre jusqu’en janvier 2028 la réforme des retraites, qui repoussait l’âge légal de départ de 62 à 64 ans.
Les plus hauts revenus vont continuer à payer la contribution différentielle
La contribution différentielle sur les plus hauts revenus (CDHR), instaurée en 2025, est prorogée jusqu’à ce que le déficit repasse sous la barre des 3 %, conformément à un amendement retenu dans la section recettes du budget. Cette taxe impose un taux minimal d’imposition de 20% pour les ménages dont les revenus dépassent 250 000 euros annuels pour un célibataire, ou 500 000 euros pour un couple.
La mise en place d’une taxe Zucman sur les hauts revenus, d’une version « Zucman light » ou encore d’une version 2.0 de l’impôt sur la fortune ont été longuement évoquées dans le débat public, mais aucune de ces options n’a été retenue dans le texte final.
Le budget prévoit aussi une version adoucie de la taxe sur les holdings. Elle viserait les sociétés qui contrôlent une ou plusieurs entreprises et qui permettent à certains contribuables d’exclure des montants de leur revenu fiscal de référence. Cette mesure est estimée rapporter environ 100 millions d’euros annuels.
Les étudiants vont bénéficier de repas à un euro
Tous les étudiants pourront accéder à des repas à un euro dans les restaurants universitaires à partir du mois de mai, selon Sébastien Lecornu. Cette mesure était jusque-là réservée aux étudiants boursiers. Le texte final du budget confirme aussi le maintien des bourses étudiantes à leur niveau actuel.
Dans la version définitivement adoptée, une mauvaise nouvelle concerne toutefois les jeunes ayant déjà travaillé : le volet « dépenses » prévoit que le financement du permis de conduire ne pourra plus passer par le compte personnel de formation (CPF), sauf pour les demandeurs d’emploi. L’aide de 500 euros destinée aux apprentis pour obtenir leur permis est également supprimée.
Enfin, les jeunes – principaux acheteurs – seront contents d’apprendre que les produits de vapotage échappent à une nouvelle taxe sur les liquides des cigarettes électroniques, qui était envisagée par l’exécutif.
Une partie des salariés auront droit à une hausse de la prime d’activité
La prime d’activité sera relevée pour environ trois millions de ménages, avec une hausse moyenne annoncée autour de 50 euros par mois, selon le Premier ministre. Cette prestation, versée par la Caisse d’allocations familiales, s’adresse aux actifs à partir de 18 ans et a pour objectif de soutenir le pouvoir d’achat des foyers modestes.
Autre mesure en faveur des salariés : les députés ont adopté l’exonération fiscale des pourboires jusqu’en 2028, prolongeant une mesure qui arrivait à expiration fin 2025. Cela devrait bénéficier notamment aux secteurs où les salariés sont en contact direct avec la clientèle, comme la restauration ou l’hôtellerie.
Enfin, le gouvernement souhaitait maintenir le barème de l’impôt sur le revenu au niveau de 2025. Son gel aurait conduit environ 200 000 foyers à quitter le seuil de l’impôt sur le revenu en 2026 et aurait généré quelque deux milliards d’euros. Cette mesure a été écartée par les parlementaires. Les tranches d’imposition sur le revenu seront donc indexées sur l’inflation en 2026.
Les allocataires de prestations sociales sont épargnés de tout changement majeur
Le gel des prestations sociales prévu dans la version initiale du projet gouvernemental pour 2026 n’a pas été retenu. Les aides personnalisées au logement (APL) seront notamment réévaluées en fonction du niveau d’inflation de l’année 2026. De plus, la prime de Noël, initialement destinée uniquement aux familles avec enfants, sera maintenue pour l’ensemble des bénéficiaires.







