Julien Odoul, parlementaire du Rassemblement national représentant l’Yonne, a été l’invité de l’émission « Tout est politique » diffusée sur 42mag.fr, ce mercredi 18 février. Il a fait face aux questions posées par les journalistes Camille Girerd et Nathalie Saint-Cricq.
Ce passage provient d’une portion de la retranscription de l’entretien évoqué plus haut. Pour le visionner dans son intégralité, cliquez sur la vidéo.
Camille Girerd : Nous venons tout juste d’apprendre que, dans le cadre de l’enquête sur le décès de Quentin Deranque, Jacques-Élie Favrot, l’assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, qui avait été placé en garde à vue et parmi les personnes interpellées, a reconnu avoir participé à des actes violents et être présent sur les lieux, selon son avocat. Il précise toutefois ne pas être l’auteur des coups qui ont entraîné la mort de M. Deranque. Comment accueillez-vous cette nouvelle tournure dans l’affaire ?
Julien Odoul : Cela confirme l’implication d’un groupe ultraviolan t qui se démarque comme acteur central dans cette affaire.
Camille Girerd : Vous utilisez le terme « terroriste » ?
Julien Odoul : Oui, il s’agit d’un groupe qui sème la terreur. Sa seule motivation est d’attaquer, de frapper, de user de violence, et potentiellement de viser la mort de ses adversaires politiques. Il n’y a pas d’autre sens à leur action, et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle ce groupe a été dissous il y a quelques mois.
Nathalie Saint-Cricq : Cependant, est-ce que qualifier ce mouvement de « terroriste » ne change pas fondamentalement pas grand-chose…
Julien Odoul : Effectivement, mais il faut les classifier comme des terroristes et appliquer un traitement qui corresponde à tous les groupements qui font de la violence leur mode d’action. Et comme Jordan Bardella l’a désormais très clairement formulé, ce type de violence est une finalité politique pour ces mouvements. Malheureusement, il existe de nombreux groupes d’extrême gauche qui ont longtemps joui d’une impunité totale — on se rappelle des black blocs, des milices lors des Gilets jaunes, et toute la constellation autour de La France insoumise qui en profite, qui occupe aussi un rôle d’ordre, et qui perturbe les manifestations et les rassemblements de leurs adversaires politiques — tous ceux-là doivent être respectivement classés comme terroristes et interdits.
Nathalie Saint-Cricq : Il n’y a aucun soutien ni pour l’ultragauche, ni pour l’ultradroite. (…). D’ailleurs, un procès vise certains policiers accusés d’avoir blessé des manifestants dans les gilets jaunes. L’État, M. Nunez, ou auparavant M. Retailleau, ne montre pas de complaisance envers l’ultragauche.
Julien Odoul : Permettez-moi d’illustrer cette complaisance par un exemple. Vous vous appuyez sur la pétition de mai 2025, qui s’oppose à la dissolution de la Jeune Garde et d’Urgence Palestine, une association que l’on peut qualifier d’antijuive, raciste et ultraviolente. Je parle ici de complaisance puisque, en parcourant la liste des signataires, on retrouve des personnalités médiatiques, politiques et associatives, y compris Europe Écologie Les Verts, évidemment La France insoumise, Greenpeace, des syndicats, l’UNEF, des vedettes et des figures du monde de la musique. En résumé, on constate qu’une partie de l’élite tolère des mouvements ultraviolents lorsqu’ils se situent à gauche.
Nathalie Saint-Cricq : Ceux qui détiennent le pouvoir et qui orientent les forces de l’ordre, les soupçonnez-vous d’une complaisance ? Vous évoquez une forme de complaisance sociétale générale qui peut s’observer. Par exemple, Bernard Cazeneuve a été critiqué pour avoir été trop sévère avec les manifestants, Bruno Retailleau n’est pas vu comme quelqu’un de doux… On ne peut pas mettre en cause le gouvernement ?
Julien Odoul : Non, je le fais en pointant du doigt certaines actions passées du gouvernement. On peut retracer l’histoire des Gilets jaunes : de nombreuses manifestations ont été perturbées et il y a eu une tolérance démesurée envers certaines milices d’extrême gauche qui cherchaient à ternir des rassemblements légitimes et populaires au départ. De plus, il existe des enjeux politiques qui ne peuvent pas être ignorés. Quand Gabriel Attal, alors Premier ministre lors des élections de 2024, déclare qu’il faut exploiter le vote en faveur du LFI, ce parti allié à la Jeune Garde, je rappelle que sur l’ensemble des bulletins de vote des candidats du Nouveau Front populaire figurait le soutien de la Jeune Garde.
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