Invité sur le plateau de l’émission « Tout est politique » jeudi 12 février, Joshua Zarka revient sur les propos de la rapporteure spéciale de l’ONU pour les territoires palestiniens, accusée d’avoir décrit Israël comme un « ennemi commun », ce dont elle se défend en précisant qu’elle évoquait le « système qui a permis le génocide en Palestine ».
La controverse s’accentue et finit par toucher l’enceinte même du Parlement. Francesca Albanese, représentante italienne de l’ONU chargée des questions relatives aux territoires palestiniens, aurait déclaré lors d’une conférence que Israël serait un « ennemi commun », une formulation qui, selon elle, aurait contribué à « le génocide en Palestine ». Elle affirme néanmoins que ses propos ont été tronqués, soutenant que le mot désigne en réalité un « système » et non l’État hébreu. Pour Joshua Zarka, l’ambassadeur d’Israël en France, « il y a deux hypothèses ».
Ce texte représente une partie de la transcription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la visionner dans son intégralité.
Sonia Chironi : Qu’est-ce que cette affaire Epstein vous inspire, vous qui êtes un haut diplomate, alors que plusieurs diplomates ont été mis en cause… ?
Joshua Zarka : C’est épouvantable, révoltant. La façon dont il traitait les femmes, les jeunes filles, franchement ça me dégoûte. C’est tout ce que je peux dire à ce sujet, cela me révolte profondément.
On se demande s’il avait le profil d’un homme d’influence, susceptible d’être instrumentalisé par des puissances étrangères, voire d’un espion. On voit fleurir pas mal d’hypothèses.
J’ai lu l’ensemble des théories à ce sujet. Était-il un espion ? Était-il un agent du Mossad ? C’est absurde.
Beaucoup d’hypothèses circulent. Il existe aussi des spéculations sur la Russie. Mais, pour vous, n’avait-il pas nécessairement le profil d’un homme d’influence ?
Pour moi, il s’agit surtout d’un pédocriminel. C’est clair. Il avait des proches qui étaient à ses côtés. C’est atroce.
On aimerait vous entendre ce soir sur cette polémique née des propos de la rapporteuse spéciale de l’ONU pour les territoires palestiniens, l’Italienne Francesca Albanese, qui est accusée d’antisémitisme. Elle réfute ces accusations et affirme que ses propos ont été tronqués. Interpellé hier à l’Assemblée par la députée Caroline Yadan, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a demandé sa démission. Comment réagissez-vous à cette prise de parole ?
Bravo. C’est exactement ce qu’il faut faire et j’espère que les autres pays européens vont suivre l’exemple que donne la France.
Nathalie Saint-Cricq : Elle se défend, en disant que ses propos ont été tronqués.
Vous savez, avant même d’arriver ici, j’avais anticipé que l’on allait débattre de ce sujet. J’ai regardé l’intégralité de la vidéo, et non uniquement l’extrait coupé. Elle y déclare très clairement, « il est clair qu’il y a un ennemi », et, pour ceux qui savent lire ce qui est réellement dit, elle poursuit avec « il est clair désormais que l’humanité a un ennemi », s’adressant implicitement à Israël. Plusieurs questions se posent alors : soit elle ne maîtrise pas son sujet et ne s’exprime pas correctement — ce qui expliquerait bien des choses sur ses précédentes déclarations — soit, tout simplement, elle ment. Il y a là deux hypothèses possibles.
Mais elle n’affirme pas qu’il faut considérer Israël comme l’ennemi de l’humanité dans les mots mêmes qu’elle emploie. Voulez-vous que l’on examine ses propos dans leur version intégrale ?
Elle vise Israël et, lorsque certains pays l’ont soutenue au lieu de la critiquer, elle affirme maintenant que l’humanité dans son ensemble ferait face à un ennemi.
Et ce qu’elle déclare, c’est que l’« ennemi » qu’elle désigne correspond au système — financier, politique, médiatique — qui, selon elle, aurait permis le génocide à Gaza.
Je comprends son propos et j’ai tenté, après sa justification, de revoir encore la vidéo pour voir si son sens pouvait être interprété autrement. Il est possible de le comprendre ainsi. Et là, je pense qu’elle souffre d’un réel problème d’expression. D’une part, si elle n’est pas capable de formuler les choses clairement, cela peut signifier qu’elle n’a pas le niveau nécessaire pour être rapporteure, ou bien, encore une fois, qu’elle ment. Il y a donc deux scénarios possibles.
Cliquez sur la vidéo pour regarder l’entretien dans son intégralité.







