Pour la première fois, une femme est nommée à ce poste, et c’est l’actuelle ministre des Comptes publics qui prendra les commandes de l’institution à partir du 23 février. Le choix d’Emmanuel Macron est contesté par une partie de l’opposition.
Maud Bregeon est formelle : nommer Amélie de Montchalin, actuelle ministre de l’Action et des Comptes publics, à la tête de la Cour des comptes à partir du 23 février ne crée pas de conflit d’intérêts.
Cette décision d’Emmanuel Macron, officialisée mercredi 11 février par la porte-parole du gouvernement à l’issue du Conseil des ministres, a suscité de vives critiques d’une partie de l’opposition, notamment parce qu’elle sera amenée à statuer sur le déficit public et les choix budgétaires du gouvernement dont elle a fait partie.
La nomination d’Amélie de Montchalin (…) ne pose pas de conflit d’intérêts parce que la structure et l’organisation inhérente à la Cour des comptes – le fait qu’elle repose notamment sur des décisions collégiales – fonde son indépendance a assuré Maud Bregeon, arguant que la ministre ne « travaillera pas seule ». Par la voix de la porte-parole, le président de la République a tenu à rappeler qu’il n’était pas « inhabitu el d’avoir des ministres nommés » à ce poste. La ministre déléguée a donné pour exemple la nomination, en 1993, de Pierre Joxe, alors ministre de l’Intérieur et de la Défense, par François Mitterrand.
Des réactions acerbes de la part d’une partie de l’opposition
Mardi, plusieurs voix de l’opposition, issues de La France insoumise (LFI), du Rassemblement national (RN), de l’Union des droites républicaines (UDR) ou des Ecologistes, ont vivement critiqué cette nomination. « Comment la ministre actuelle pourrait (…) donner un avis crédible sur le prochain budget qu’elle a elle-même préparé ? », a notamment interpellé sur X le président de la Commission des finances de l’Assemblée, Éric Coquerel, demandant « solennellement » à Emmanuel Macron de revenir sur sa décision.
« Emmanuel Macron a ruiné les comptes publics et Amélie de Montchalin porte une lourde responsabilité dans ce bilan désastreux. Comment croire qu’elle sera capable de la moindre indépendance indispensable à cette noble maison ? », a également questionné la cheffe de file des députés RN, Marine Le Pen, sur le même réseau social.
Depuis la présidence de Nicolas Sarkozy (2007-2012), pour répondre à cette inquiétude de partialité, les premiers présidents de la Cour des comptes étaient systématiquement sélectionnés dans l’opposition. Amélie de Montchalin, qui prendra ses fonctions dès le 23 février prochain, est la première femme à être nommée première présidente de cette institution, chargée de vérifier l’emploi des fonds publics et de sanctionner les manquements à leur bon usage.







