Dans ce dossier, un ancien cadre d’un parti d’extrême droite est poursuivi pour être resté dans la salle du conseil municipal pendant les votes, qui se faisaient essentiellement à main levée, et qui l’avaient nommé à la tête de deux sociétés d’économie mixte.
Un nouveau procès est prévu. Le parquet de Draguignan a formé un recours contre l’acquittement du maire du Fréjus, David Rachline, affilié au Rassemblement National, dans une affaire de prise illégale d’intérêts, a annoncé lundi 2 février le procureur Pierre Couttenier, confirmant une information publiée par Var-Matin. Figure autrefois centrale du mouvement d’extrême droite et récemment éloigné des responsabilités, l’édile avait été relaxé par le tribunal correctionnel de Draguignan le 27 janvier et avait aussitôt révélé son intention de se présenter aux municipales pour viser un troisième mandat.
Dans ce dossier, le maire est poursuivi pour être resté dans la salle du conseil municipal pendant des votes qui se faisaient majoritairement à main levée, et qui l’avaient nommé à la tête de deux sociétés d’économie mixte, Fréjus Aménagement et Gestion du port de Fréjus. Ces postes se traduisaient par une rémunération additionnelle d’environ 1 000 euros par mois, en moyenne. Lors de l’audience de septembre dernier, il s’est défendu d’avoir exercé une quelconque pression sur sa majorité, soutenant qu’il se reposait sur le directeur des services municipaux pour lui signaler les délibérations où il devait quitter la salle.
Un autre procès pour favoritisme en septembre
Le parquet avait demandé une amende de 30 000 euros, dont 10 000 euros de prison ferme, et préconisé que la peine d’inéligibilité soit limitée à un an, éventuellement assortie du sursis. Au-delà de ce recours, David Rachline est aussi visé par un procès pour favoritisme prévu en septembre 2026. Avec plusieurs collaborateurs, actuels ou anciens, il est soupçonné d’avoir privilégié la société de sécurité d’un proche dans l’attribution de marchés publics.
Élu au conseil municipal à vingt ans, devenu maire et sénateur à vingt-six ans et ayant été directeur de campagne de Marine Le Pen lors de l’élection présidentielle de 2017, David Rachline a vu sa carrière marquer le pas avec la publication, fin 2023, de l’ouvrage Les Rapaces par Camille Vigogne Le Coat, qui dresse une critique virulente de son action et l’accuse d’arrangements avec un puissant entrepreneur local du BTP. Le maire a qualifié ces accusations de « pures inventions » et a décidé de poursuivre la journaliste en justice. Le Parquet national financier (PNF) a ouvert une enquête pour corruption.







