Ceci constitue la deuxième envergure jamais révélée par une entité française, après le record établi par le groupe Vivendi en 2002.
Stellantis a publié, le jeudi 26 février, un résultat net négatif atteignant 22,3 milliards d’euros pour l’année 2025, fortement affecté par une charge exceptionnelle de 25,4 milliards. Le même groupe avait déjà annoncé, le 6 février, l’imputation de charges exceptionnelles colossales d’environ 22 milliards d’euros destinées uniquement au second semestre 2025, afin de freiner temporairement la production de véhicules électriques dont les ventes ne se portent pas comme prévu.
Les performances financières ont souffert de monnaies défavorables et d’une politique de baisses de tarifs adoptée dès le premier semestre, marquant une rupture par rapport à l’orientation axée sur des prix élevés instaurée sous l’ancienne direction de Carlos Tavares. Le groupe a enregistré une perte opérationnelle courante de 842 millions d’euros pour l’année écoulée, avec une marge négative d’environ 0,5%. Aucun dividende ne sera versé.
Le groupe projette une relance des modèles à motorisations thermiques
Ces derniers temps, Stellantis a confirmé sa réorientation dans le domaine de l’électrique en procédant à des désengagements, notamment en cédant ses 49% dans NextStar Energy, qui pilote la première gigafactory de batteries au Canada, et en envisageant une sortie de sa coentreprise avec Samsung, qui prévoyait deux gigafactories aux États‑Unis. Par ailleurs, le groupe a annoncé le rétablissement de modèles thermiques tant en Amérique du Nord qu’en Europe, y compris des versions diesel. Selon Stellantis, ces choix « ne portent pas atteinte à l’innovation et n’affectent pas son engagement envers l’électrification ».
Sur le plan comptable, cette perte constitue la deuxième plus lourde jamais enregistrée par un groupe français, derrière le record de Vivendi à -23,3 milliards d’euros en 2002, mais au‑dessus des chiffres de France Télécom en 2002 et d’EDF en 2022. Elle approche presque le triple du précédent record pour un groupe automobile français, détenu par Renault en 2020.







