Porté par des ventes historiques et par une vaste ludothèque, Nintendo affiche des résultats financiers en forte progression, soutenus par le succès de la Switch 2. Toutefois, la stagnation du nombre de joueurs et les risques d’approvisionnement en composants pourraient fragiliser cette dynamique.
Nintendo connaît un succès retentissant. En février 2026, sa console Switch demeure la machine la plus vendue de l’histoire du groupe japonais. Ce triomphe tient surtout à la longévité de ses systèmes. Cela fait sept ans que la première Switch est sur le marché et elle a dépassé les 155 millions d’unités vendues dans le monde, un record. Pour la Switch 2, lancée en juin 2025, les ventes dépassent déjà les 17 millions.
La longévité s’explique aussi par un catalogue de jeux constamment renouvelé. Plus d’un milliard et demi d’exemplaires de jeux ont été vendus, accompagnés de licences payantes comme Mario Kart ou Pokémon. Tout cela génère d’importants revenus. Les chiffres des ventes tirent la rentabilité du groupe. Grâce à la Switch 2, le bénéfice net sur les neuf derniers mois a bondi de plus de 50 %, atteignant près de deux milliards d’euros. Mais malgré ces résultats positifs, les investisseurs s’interrogent sur la pérennité de ce rythme.
Plusieurs zones d’incertitude
Le nombre de joueurs n’est pas illimité. Ces deux dernières années, la base est restée globalement stagnante dans le monde. Aujourd’hui, le défi de Nintendo consiste à séduire de nouveaux joueurs, mais aussi à convaincre les possesseurs de Switch 1 de passer à la génération suivante. Là encore, Nintendo mise sur son catalogue de jeux. Des titres exclusifs dédiés à la Switch 2 sont prévus : un nouvel opus de Mario Tennis, Pokémon Pokopia en mars, ainsi qu’un nouvel épisode de la série de jeux tactiques Fire Emblem attendu en 2026.
Il existe aussi des incertitudes techniques, car un risque important de pénuries de puces et de semi-conducteurs plane. Avec l’essor de l’intelligence artificielle et des data centers, ces composants sont très demandés et se retrouvent au cœur des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine. Nintendo a déjà connu des perturbations de ses chaînes d’approvisionnement. Le groupe affirme disposer de stocks pour plusieurs trimestres, mais la question demeure : cela sera-t-il suffisant ?
Enfin, la forte demande fait grimper le prix de ces puces. La Switch se négocie déjà autour de 450 euros. Il sera difficile pour Nintendo de répercuter une hausse des coûts sur les consommateurs.







