La Tesla, qui a bouleversé l’univers automobile, est-elle en train de traverser ses ultimes heures ? Depuis que son fondateur, Elon Musk, a pris position sur la scène politique en soutenant Donald Trump, l’image de ce véhicule paraît se dégrader, et ses ventes, qu’il s’agisse de voitures neuves ou d’occasion, affichent une certaine faiblesse.
Ce passage provient d’un extrait de la retranscription du reportage mentionné ci-dessus. Pour visionner l’intégralité, cliquez sur la vidéo.
« Voilà ma Tesla Model 3, signée par Tesla. J’ai lancé le préchauffage à distance via l’application Tesla sur mon téléphone ; on peut gérer toutes les commandes à distance », explique Fabien Machet, propriétaire d’une Model 3. C’était le véhicule idéal selon lui. Il a été séduit par les innovations proposées, notamment le chauffage de l’habitacle contrôlable à distance, utile lorsqu’il fait très froid dehors. « C’était alors le meilleur rapport qualité-prix du moment, il y a quatre ans », précise-t-il.
Service après-vente défaillant et caractère controversé d’Elon Musk
Pourtant, au moindre ennui, comme un choc à l’avant du véhicule, Fabien Machet a rapidement eu une déception. « Nous avons dû patienter six mois pour remplacer le capot, les pièces n’étaient pas disponibles. Six mois, c’est considérable. Sur une location longue durée de quatre ans, cela représente une longue période sans voiture », regrette-t-il. Le service après-vente, selon lui, n’a pas tenu ses promesses.
Par ailleurs, Elon Musk s’est retrouvé associé à l’administration Trump. Partout dans le monde, et particulièrement outre-Atlantique, l’image de la marque s’est dégradée. Avec son épouse, les Machet veulent désormais changer de véhicule. Pour eux, Tesla n’est plus envisageable. « C’est une figure fascisante. À mes yeux, c’est un personnage extrêmement problématique, qui semble sans limites. C’est une figure qui m’effraie. Je n’ai pas envie de soutenir son univers ni de contribuer à son ascension », tranche Ewa Machet.
Quel que soit le motif, de plus en plus de propriétaires revendent leur Tesla chaque jour. Un simple coup d’œil sur les sites de petites annonces le confirme. Une équipe de France Télévisions a pris contact avec le propriétaire d’une Model 3 bleue. Celui-ci raconte qu’il s’agit de sa troisième Tesla. Celle-là a bien du mal à trouver preneur. « Mes trois premières s’étaient vendues en trois semaines. Par contre, elles l’étaient avant l’ère Elon Musk. Aujourd’hui, je sens que celle-ci est plus difficile à vendre », confie-t-il. Cela fait déjà trois mois qu’elle reste sans acheteur.
Des ventes en chute libre, tant en neuf qu’en occasion
L’équipe de France Télévisions s’est entretenue avec les responsables de la plateforme où l’homme a déposé son annonce. Ils confirment une vague de Tesla à vendre qui déferle sur le site, en augmentation de 48 % sur un an. « Aujourd’hui, sur La Centrale, on dénombre environ 900 Tesla d’occasion à moins de 30 000 euros en moyenne. Le prix moyen a reculé d’environ 4 000 euros sur l’année 2025 », précise Guillaume-Henri Blanchet, directeur général adjoint de La Centrale.
Les prix en occasion baissent, et les ventes neuves chutent aussi, avec près de la moitié des véhicules immatriculés en moins sur douze mois. Alors, serait-ce le déclin de Tesla ? L’épopée avait pourtant commencé en fanfare. Lors du lancement de chaque nouveau modèle, Elon Musk monte sur scène pour présenter des performances hors norme. « Nous proposons une sportive électrique zéro émission de CO2 qui surpasse les Ferrari et les Porsche », proclamait le PDG de Tesla en juillet 2006.
Les journalistes applaudissent, et le public reste émerveillé. « Incroyable, c’est une accélération venue d’une autre planète », s’exclame un amateur. Les ventes décollent rapidement, comme une fusée en orbite. En bourse aussi, Tesla s’envole et devient en 2020 le premier constructeur automobile mondial. Elon Musk transforme profondément le secteur, et face à ses modèles haut de gamme, la concurrence est quasi inexistante. Le Model Y devient l’électrique la plus vendue en France, malgré un prix atteignant 36 800 euros.
Les rivaux rattrapent Tesla
Cependant, la concurrence a fini par revenir au même niveau. En tête des ventes en 2025, la Renault R5, un peu moins chère, autour de 32 870 euros. Des constructeurs chinois prennent aussi leur part du marché, avec BYD qui propose tout, du petit modèle à 18 900 euros au SUV de luxe dépassant les 60 000 euros. Pour Fabien Machet, qui ne souhaite plus entendre parler de Tesla, l’offre est aujourd’hui abondante. L’achat d’un véhicule chinois ne l’attire pas. Pour remplacer la marque d’Elon Musk, il opte pour un SUV allemand. Un véhicule électrique que lui a présenté un conseiller de la concession, qui a pris le temps de passer en revue tous les détails. « Nous avons pu négocier avec le concessionnaire un petit prix que l’on ne peut pas obtenir chez Tesla. Le prix est fixé et l’achat se fait hors ligne », raconte-t-il.
Les vendeurs se montrent accueillants envers les déçus de Tesla. « Ce n’est pas un profil unique. Nous avons quasiment triplé nos ventes de voitures électriques sur l’ensemble du réseau », affirme Yoann Boucly, directeur d’une concession automobile à Marne-la-Vallée (Val-de-Marne).
Les chiffres témoignent d’un chiffre d’affaires en recul et de ventes qui s’effondrent. Est-ce le début de la fin pour Tesla ? Elon Musk aurait annoncé l’arrêt de la production de deux des quatre modèles destinés au marché européen, peut-être pour préparer l’étape suivante. À l’avenir, Tesla ne fabriquerait plus des voitures telles que nous les connaissons, mais uniquement des robots-taxis. Les premiers prototypes circulent déjà au Texas.







