De nombreux enjeux entourent le second tour des municipales, qui concerne près de 1 600 communes. Dans des villes comme Paris, Lyon, Bordeaux, Marseille, Strasbourg, Lille et Nice, on assiste au dernier chapitre d’une campagne marquée par des tensions et par des alliances soit contestées, soit assumées. Le paysage politique pourrait se réorganiser dès le dimanche soir, à seulement un an de l’élection présidentielle.
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À quelques heures du second tour, l’atmosphère est lourde dans la capitale. Qui sera élu maire de Paris dimanche entre le socialiste Emmanuel Grégoire et l’ancienne ministre Rachida Dati ? Avec le maintien de la candidate LFI Sophia Chikirou, l’issue pourrait se jouer à quelques milliers de voix près. La campagne est en ébullition et une question traverse la gauche : les accords entre le PS et La France insoumise seront-ils payants ? Tout comme à Nantes, où Johanna Rolland, maire socialiste en place, a fusionné sa liste avec LFI pour faire face au candidat de la droite. On retrouve cette même configuration dans plusieurs villes, telles Limoges, Avignon ou Toulouse. L’union des socialistes et des insoumis demeure un pari risqué pour l’élection.
« Peut-être qu’une partie non négligeable de l’électorat socialiste le plus modéré sera un peu échaudée et peut-être votera vers la droite ou, en tout cas, s’abstiendra. Ça, c’est évidemment quelque chose qu’on va suivre de très près », souligne Mathieu Gallard, directeur d’études chez Ipsos. La situation se retrouve aussi à Lyon, où l’écologiste Grégory Doucet, soutenu par les socialistes, a lui aussi fusionné avec LFI. Face à Jean-Michel Aulas, les deux adversaires restent au coude à coude.
Les enjeux pour le RN et le centre politique
Autre paramètre important de ce scrutin : les résultats prévus du Rassemblement national. Quels bastions pourraient basculer ? Le RN vise notamment Nice, mais aussi Nîmes, Carcassonne et Toulon, où Laure Lavalette, qui affronte le maire sortant de droite, était en tête au premier tour. Marseille est aussi un terrain d’enjeux pour le parti, face au maire de gauche Benoît Payan ; Franck Allisio espère créer la surprise en emportant la deuxième ville de France.
Enfin, le bloc centriste, en difficulté tout au long de la campagne, peut-il sauver quelques tessons de gloire ? Peu de candidatures, mais l’espoir persiste pour des victoires symboliques au Havre, avec Édouard Philippe, ainsi qu’à Annecy et Bordeaux, une ligne assumée par le camp présidentiel : « Nous avons abordé ces élections municipales avec humilité. Et nous avons accepté de dire que oui, ce ne seraient pas des guerres d’étiquettes, des guerres où l’on ferait les gros bras », a assuré Prisca Thévenot, députée Ensemble pour la République des Hauts-de-Seine.
Dimanche, les électeurs voteront dans près de 1 600 communes en France. Plus de 17 millions d’électeurs sont appelés aux urnes.







