Les cours du pétrole ont de nouveau grimpé ce mardi 17 mars, se négociant au-delà de 100 dollars le baril. Le prix moyen de l’essence s’établit autour de 1,91 euro le litre, tandis que le gazole dépasse les 2 euros par litre. Et quelle est la situation chez nos voisins européens ?
Le passage ci-dessous provient d’une portion de la retranscription du reportage mentionné ci-dessus. Pour visionner l’intégralité de l’enregistrement, cliquez sur la vidéo.
Christine se déplace quotidiennement en voiture pour se rendre à son travail. Face à la flambée des prix à la pompe, elle ne peut plus se permettre de faire le plein complet: « Je ne prends que ce qu’il me faut, car tout est trop cher. Là, je n’ai même pas mis 30 litres et la facture approche les 60 euros », déplore-t-elle.
À titre indicatif, le prix moyen du litre de gazole en France est actuellement de 2,07 euros, tandis que celui de l’essence Sans-Plomb 95 est à 1,91 euro. Conséquence, certains automobilistes réévaluent leurs déplacements: « Avant, comme tout le monde, j’avais tendance à privilégier la voiture pour tout — faire les courses, aller au centre-ville — mais maintenant on privilégie la marche », confie un conducteur.
« Ça me pousse à moins prendre la route et à éviter des trajets de 3 à 4 heures, ce qui impliquerait peut-être un plein et demi supplémentaire pour aller voir ma famille », ajoute-t-il. Pour tempérer la hausse des carburants, l’État pourrait envisager une réduction des taxes, mais une telle mesure pèserait lourdement sur les finances publiques.
L’Allemagne mobilise ses réserves stratégiques, l’Italie envisage une aide
Du côté de nos voisins allemands, le gouvernement a débloqué une partie des réserves stratégiques, soit 19 millions de barils, et il restreint désormais l’augmentation des prix à la pompe à une seule fois par jour, au lieu d’environ une vingtaine par jour auparavant. Dans une station-service, cette mesure fait débat. « Cela ne va pas, à mon avis, suffire à faire baisser les prix », déclare un automobiliste interrogé à Berlin. Un autre, en revanche, approuve: « C’est une bonne chose. Cela modifiera sûrement quelque chose pour moi. Les gens paieront moins cher. »
En Italie, le gouvernement de Giorgia Meloni envisage d’attribuer un chèque énergie pour soutenir les ménages. En Angleterre et en Croatie, les prix à la pompe sont plafonnés. Une approche, selon Sylvain Bersinger, économiste et fondateur du cabinet Bersingéco, qui peut s’avérer contre-productive: « L’État ne peut pas forcer les pompistes à vendre à perte. Le risque, c’est qu’à un moment donné les stations cessent de vendre le carburant, arguant qu’ils perdent de l’argent à chaque vente, ce qui pourrait provoquer des pénuries. »
Si le baril reste autour des 100 dollars, les automobilistes européens pourraient payer jusqu’à 220 euros de plus chaque année en carburant.
Parmi nos sources :
Entreprise Vallée carburants
Syndicat professionnel de l’industrie pétrolière (UFIP)
Fédération française des combustibles et carburants
Liste non exhaustive







