Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, le coût du carburant a connu une hausse marquée, et ses répercussions se font sentir jusque dans les ports de pêche du littoral français. Le prix du gasoil utilisé en mer a doublé, au point que de nombreux pêcheurs sollicitent l’intervention du gouvernement : un certain nombre d’entre eux opèrent déjà à perte. Le prix du poisson pourrait-il augmenter dans les prochains jours ? Voici quelques éléments pour éclairer la question.
Le passage ci-dessous s’inspire d’un extrait de la retranscription du reportage précédent. Pour le visionner dans son intégralité, cliquez sur la vidéo.
En ce samedi matin du 14 mars, le marché témoigne d’un choix encore vaste dans l’offre de poissons et les tarifs restent stables pour le moment. Toutefois, l’inquiétude plane quant à l’avenir. Cédric Lautier, poissonnier, exprime ses craintes: si le coût du carburant continue d’augmenter, les pêcheurs qui alimentent son étal risquent de rester au quai. Dans ce contexte, il faudrait alors ramener les produits de l’étranger à des prix élevés. « Se fournir à l’étranger influe sur le gasoil, car le transporteur fait immédiatement monter les coûts pour le grossiste, puis pour tout le circuit », affirme-t-il.
Selon lui, une hausse de 3 à 4 euros par kilo n’est pas à exclure. Un client a tenté d’estimer la facture: « J’en ai dépensé 36 euros. Si la situation se dégrade, cela ajouterait environ 10 euros », avance-t-il. « Ce n’est pas anodin; cela risque même de me pousser à consommer un peu moins de poisson. J’espère que cela ne durera pas, mais c’est bien une préoccupation », reconnaît un autre client. « Naturellement, cela va modifier nos habitudes. Chacun a son budget à respecter », complète un troisième client.
Le gouvernement a réuni vendredi représentants de la pêche, fournisseurs de carburant et banquiers
Dans les ports français, l’inquiétude gagne les professionnels de la mer. En raison des tensions au Moyen-Orient et des perturbations liées aux hydrocarbures, le prix du gasoil grimpe dans certains lieux jusqu’à 0,95 euro le litre, et peut dépasser 1 euro le litre en Corse, mettant en danger une partie des activités à perte. « Cela nous préoccupe énormément, parce que si le gasoil atteint 1 euro, les bateaux resteront à quai. Avant, il tournait autour de 60 centimes; c’ajoute déjà plus de 30 % à notre chiffre d’affaires. S’il dépasse 1 euro, cela fera plus de 50 %, et cela ne sera pas viable », déclare Clément Arrial, patron pêcheur à Lorient (Morbihan).
Pour apporter des solutions concrètes, le gouvernement a réuni vendredi les représentants de la pêche, leurs fournisseurs de carburant et leurs banquiers afin d’esquisser des mesures. Parmi les priorités figurent la limitation des augmentations du prix à la pompe, le report des encours de prêts des pêcheurs et, à moyen terme, la mise en place d’un système d’assurance destiné à compenser les hausses du coût du carburant.







