Les habitudes des Français ont-elles changé depuis le début du conflit, entraînant une hausse des tarifs du carburant ? Des signes avant-coureurs indiquent toutefois une baisse du trafic sur les routes.
Cette partie provient d’une retranscription partielle du reportage évoqué ci-dessus. Pour le regarder dans son intégralité, cliquez sur la vidéo.
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Cela fait désormais une semaine que Valentino Jacinto a laissé sa voiture de côté pour se rendre au travail. Chaque matin, en passant près de la station-service, il ne ressent pas le moindre regret. J’avais l’habitude de rouler au gasoil, et aujourd’hui cela demeure l’un des carburants les plus coûteux. C’est vraiment excessif, surtout que par le passé le prix pouvait facilement atteindre 1 euro 70 le litre, confie-t-il. Avec son salaire d’apprenti, autour de 1 400 euros mensuels, il a vite calculé les dépenses: 200 euros par mois, cela commence à peser lourd, surtout quand on touche des revenus modestes.
Après une vingtaine de minutes à marcher, il monte dans le tram. Quarante-cinq minutes plus tard, il arrive à la gare de Massy-Palaiseau (Essonne). C’est là qu’il retrouve Thomas Contini, un collègue, avec qui ils organisent le covoiturage pour les quinze minutes restantes jusqu’au bureau. Pour ce trajet, Valentino ne débourse rien, le service étant inclus dans son abonnement de transport. Le chauffeur touche entre deux et trois euros par passager. J’avais déjà l’habitude du covoiturage avec des personnes externes à l’entreprise. Ça ne m’a pas du tout perturbé; ça s’est très vite imposé comme une routine, explique Thomas Contini.
Ils ne sont probablement pas les seuls à covoiturer. Le mardi matin 17 mars en Île-de-France, les bouchons étaient moins importants: au total 330 kilomètres parcourus, contre 365 en moyenne. Dans leur société, une grande partie des 20 employés vient en voiture. Beaucoup commencent à se poser des questions. J’ai dû faire le plein, malheureusement, mais pour les jours à venir, je prévois d’emprunter les transports ou de rejoindre un collègue, confie Antoine Rios Campo, un salarié d’Ekilog. J’ai effectué le plein il y a deux ou trois semaines, il est encore suffisant pour un moment. Mais lorsque le réservoir sera presque vide, les interrogations tourneront davantage, renchérit Romain Berger, un autre employé.
D’autres n’ont pas encore trouvé de solution. J’habite vraiment en zone rurale, alors je n’ai même pas accès aux transports en commun pour venir ici. Il faudrait que je marche une demi-heure pour atteindre une gare, déplore François Estrade, l’un de leurs collègues. Pour aider ses salariés face à la hausse des carburants, leur patron envisage des aides au covoiturage et au prêt de vélos électriques.







