La guerre de l’énergie déclenche des turbulences qui parcourent l’économie mondiale et la mettent sous tension. Ce jeudi 19 mars, le gaz sur les marchés européens s’est apprécié d’environ 35 %, et le prix du pétrole a atteint des sommets autour de 119 dollars le baril. Pour l’instant, l’exécutif dirigé par Sébastien Lecornu ne prévoit pas de diminuer les taxes appliquées aux carburants. À l’inverse, en Italie, le gouvernement de Giorgia Meloni a choisi de réduire ces impôts pendant vingt jours, avec des effets perceptibles immédiatement à la pompe. Reportage en provenance de Rome.
Ce passage constitue une portion de la retranscription du reportage mentionné plus haut. Cliquez sur la vidéo pour voir l’intégralité.
Le diesel est affiché à 1,83 euro par litre et l’essence à 1,63 euro. Cela fait plus de trois semaines que les Italiens n’avaient pas observé de tels tarifs. Dans l’après-midi, à Rome, un pompiste réétiquette les prix en appliquant le décret du gouvernement: une réduction des taxes de 25 centimes d’euro. « Là, on retrouve les prix d’il y a un mois, avant que le conflit en Iran n’éclate », précise-t-il.
Depuis plusieurs semaines, comme dans plusieurs pays européens, l’Italie affichait des montants supérieurs à 2 euros le litre. Cette baisse est donc perçue comme un soulagement: certains peinent à y croire. « J’immortalise le moment parce que ce tarif est bien moins élevé que ceux des jours précédents », témoigne un automobiliste, le téléphone à la main. « C’est une mesure attendue avec impatience, car ces prix faisaient peur à tout le monde. J’espère que cela donnera un peu d’air à notre économie », affirme une conductrice.
Un coût d’un demi-milliard d’euros
La mesure profite aussi aux conducteurs frontaliers venus de France. À seulement quelques kilomètres, ils peuvent bénéficier de tarifs imbattables: « 2,09 à la station Beausoleil où je suis, et 1,87 ici, à Ventimiglia. Mais je ne comprends pas pourquoi nous sommes plus chers et eux moins cher », témoigne un homme à la pompe. « Je vais franchir la frontière pour l’Italie, donc j’en profite. Mon épouse conduit tout le temps, c’est pour cela », ajoute-t-il.
Cette réduction des prix, évaluée à environ 500 millions d’euros, ne sera active que pendant vingt jours. « Nous ne disposons pas de suffisamment d’argent pour aller au-delà », a précisé le ministre de l’Économie.







