Comment les tarifs pratiqués à la pompe sont-ils déterminés en France et selon quels mécanismes se négocient-ils ? France Télévisions a suivi les pas d’un intermédiaire qui, jour après jour, s’efforce d’obtenir le prix le plus avantageux possible. Reportage réalisé entre Dieppe et Rouen, en Normandie.
Ce passage provient d’une portion de la retranscription du reportage susmentionné. Pour le voir en totalité, cliquez sur la vidéo.
Chaque matin, à partir de 10 heures, cela fait maintenant trois semaines que Stéphane Vallée, à la tête de Vallée Carburants, prend place à son bureau, en Seine-Maritime. C’est l’ouverture des marchés, et il appelle chacun de ses fournisseurs afin de négocier les volumes de carburant à commander. Depuis le début du conflit, les tarifs se révèlent extrêmement instables, capables de grimper brusquement en l’espace d’une heure: « Les prix évoluent continuellement, ce qui rend difficile de se positionner. Notre atout en tant que distributeur indépendant, c’est d’avoir plusieurs sources, alors on cherche à obtenir le meilleur prix au moment le plus opportun », relate-t-il.
Ce qui reste un défi au quotidien: déterminer le moment idoine pour acheter et ensuite revendre le carburant en réseau stations, tout en conservant une marge. « Pour demain, je prévois d’acheter celui-ci; 1 756, et si j’applique une majoration de 20 %, on retombe autour de 2,11 euros pour le gazole », explique Stéphane Vallée. En clair, le gazole raffiné qu’il acquiert intègre déjà le coût du brut, les frais de distribution et les taxes; à cela s’ajoutent les frais de transport et une marge personnelle de trois centimes.
Le gasoil affiché à 2,17 euros le litre
Au final, le gazole est commercialisé à 2,17 euros le litre dans son réseau de stations. Les livraisons y sont effectuées tous les deux jours. « Là, je vais décharger 36 000 litres de gasoil. Le tarif varie à chaque livraison selon le prix d’achat que nous avons enregistré, et nous fixerons nos marges en conséquence », précise Mathis Vigreux, chauffeur-livreur de produits pétroliers.
Les augmentations deviennent écrasantes pour une mère de famille : « Avec ce tarif, exceptionnellement on ne fera pas le plein: on ne mettra que 20 euros, et on cherchera une station moins chère, parce que c’est vraiment exagéré, franchement », déplore-t-elle. Dans cette station, le gasoil a déjà pris 50 centimes depuis le début du conflit au Moyen-Orient.







