Face à la hausse continue des prix du carburant, n’est-ce pas la tentation de passer à l’électrique qui se fait davantage sentir ? Les ventes enregistrent-elles une hausse chez les concessionnaires au cours des trois dernières semaines ? Par ailleurs, les recherches effectuées sur Internet au sujet des véhicules électriques ont aussi connu une augmentation, s’élevant à 75 % depuis le début de la guerre.
Ce passage est extrait d’une section de la retranscription du reportage évoqué ci‑dessus. Pour visionner le reportage dans son intégralité, cliquez sur la vidéo.
Encore une voiture électrique vendue, et cela ne semble pas s’arrêter. Dans une concession spécialisée dans les occasions récentes, le phénomène persiste depuis le début des tensions liées au conflit en Iran. Thibaut Jean, informaticien, a été séduit par une Peugeot E-2008 : « Elle est toute neuve et j’apprécie », se réjouit-il. Avant, il roulait avec une motorisation thermique. Maintenant, il lui faudra s’habituer à recharger son véhicule. « C’est tombé à point nommé, si on peut dire, car, comme d’habitude, les coûts actuels du carburant et les hausses annoncées pour la suite renforcent, selon moi, l’idée qu’il fallait changer de véhicule et passer à l’électrique », détaille-t-il.
Pour ce SUV affichant environ 40 000 kilomètres au compteur, le prix demandé est de 18 000 euros. L’électrique est certes un peu plus cher, mais la demande est présente : « Ça se vend très bien. Ça ne reste pas longtemps sur le site, en moyenne une voiture électrique d’occasion se retrouve environ une semaine sur la plateforme », affirme Baptiste Fraval, responsable de l’agence Aramis Auto à Cergy (Val-d’Oise).
Presque immédiatement après l’achat, Thibaut Jean reprend le volant de son nouveau véhicule. En jetant un coup d’œil habituel au prix du Sans-plomb, il se dit qu’il a fait le bon choix : « 1,99 euro le litre », remarque-t-il, peu enclin à se plaindre de ne plus devoir faire le plein. « C’est vraiment un luxe », assure-t-il.
Des économies importantes chaque mois
Alors, le plein serait-il devenu un privilège réservé à certains ? Avec un coût du carburant autour de 2 euros le litre, pour une voiture qui consomme 7,1 litres et qui effectue 1 000 kilomètres par mois, le poste énergies s’établit à environ 142 euros par mois. L’équivalent électrique coûterait environ 65 euros, soit une économie mensuelle de 77 euros. Cette perspective attire ceux qui envisagent de changer de véhicule. Sur une plateforme de vente entre particuliers, depuis le déclenchement des bombardements sur l’Iran, la recherche de voitures électriques a bondi d’environ 75 % en quelques jours.
« En février, le conflit naissant s’accompagne d’une hausse rapide des prix à la pompe, qui se précise dès début mars, entre le 2 et le 3 mars, et immédiatement, les recherches de véhicules électriques crèvent les statistiques sur La Centrale », souligne Guillaume Henri-Blanchet, directeur général adjoint de La Centrale.
« On est très influencés par le coût du pétrole »
Pour le neuf aussi, la tendance se profile. Un couple est en quête d’un véhicule neuf et envisage d’opter pour une motorisation électrique : « Parce que c’est le moment. Et puis nous avons un garage pour la charger », indique Samuel Robert, ingénieur. « Avec tout ce qui se passe aujourd’hui, on est fortement influencés par le coût du pétrole. Donc notre souhait, c’est d’aller vers l’électricité », complète Karine Robert, ingénieure.
Parmi les modèles les plus plébiscités, les moins coûteux retiennent l’attention. Pour une ë-C3 affichant 19 740 euros, les aides destinées aux ménages modestes commencent à rendre l’offre accessible. « En moyenne, cela tourne autour de 130 euros par mois, et avec les aides publiques, on peut obtenir jusqu’à 5 700 euros d’aide, ce qui ramène le coût du véhicule à environ 15 000 euros », précise Ohanyan Hovhannes, responsable de Citroën e-Mobility. Dans l’ensemble des marques, les ventes de véhicules électriques ont augmenté de 28 % au mois de février en France.
Parmi nos sources :
Nous sollicitons plusieurs constructeurs afin d’obtenir leurs chiffres de ventes, notamment ceux qui avaient organisé des journées portes ouvertes dans leurs concessions du 13 au 15 mars.
Nous avons aussi pris contact avec des plateformes de vente de véhicules d’occasion pour obtenir des données complémentaires.
Enfin, une étude conduite par l’ONG Transport & Environment, basée à Bruxelles (organisme indépendant, non partisan et à but non lucratif, qui œuvre à la décarbonation des transports en Europe d’ici 2050), vient étayer les chiffres présentés.
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