Le 2 mars 2022, Franck Elong Abé, détenu en proie à une radicalisation et condamné notamment pour des faits liés au terrorisme, a porté une attaque violente contre un militant d’origine corse dans la salle de sport de la prison d’Arles.
Quatre années après le décès d’Yvan Colonna, le Parquet national antiterroriste (PNAT) exige l’ouverture d’un procès contre le détenu radicalisé soupçonné d’avoir porté le coup fatal au militant indépendantiste corse, dans l’enceinte de la prison d’Arles (Bouches-du-Rhône). Les réquisitions visant un « assassinat lié à une entreprise terroriste » à l’encontre de Franck Elong Abé, âgé de 39 ans, ont été présentées devant une cour d’assises spécialement composée, et le parquet a précisé à l’AFP, le jeudi 20 mars, que ces mesures avaient été émises en février.
L’auteur de l’assassinat du préfet Claude Erignac avait été agressé le 2 mars 2022 dans l’établissement où il purgait sa peine à perpétuité, et il est décédé des suites de ses blessures près d’un mois environ et demi plus tard. Franck Elong Abé, déjà condamné à plusieurs reprises, notamment pour association de malfaiteurs terroristes, était alors considéré comme un détenu présentant un profil particulièrement signalé (DPS) depuis novembre 2015, en raison de sa « grande dangerosité », de son « instabilité » et « la persistance de son comportement violent », selon les éléments d’enquête. Sa libération était envisagée pour décembre 2023.
Selon l’un des avocats de la victime, ce crime aurait été prémédité
Sylvain Cormier, l’un des conseils d’Yvan Colonna, a déclaré à l’AFP se « réjouir » de ces réquisitions visant un renvoi devant la cour d’assises pour assassinat, estimant que les faits démontrent clairement une préméditation. Lors de ses premiers échanges avec les enquêteurs, Franck Elong Abé avait soutenu avoir ciblé Colonna parce qu’il aurait profané le prophète Mahomet. Il avait affirmé avoir agi seul, sans appartenir à aucun groupe.
En mars 2024, dans un courrier adressé au juge d’instruction, il a toutefois évoqué « un acte commandité » par des personnes qu’il décrivait comme des agents de l’État, des accusations démenties par le ministère de l’Intérieur. « À ce jour, aucun représentant des services de renseignement n’a été entendu dans le cadre de l’instruction », déplorent les avocats de la famille d’Yvan Colonna.







