Ce projet demeure bloqué depuis plusieurs mois en raison de différends industriels entre la France et l’Allemagne, deux poids lourds du secteur aéronautique.
Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz ont annoncé leur intention d’initier, dans les semaines à venir, une démarche de rapprochement entre Airbus et Dassault afin d’examiner les possibilités de convergence autour du projet d’avion de combat européen, le Scaf. Lors d’un sommet européen à Bruxelles, le président français a précisé que les deux chefs d’État “sont convenus de mettre en place une approche commune pour rapprocher les deux groupes et identifier les voies de coopération”.
Les deux dirigeants se sont retrouvés autour d’un dîner privé à Bruxelles, mercredi soir, en amont de ce sommet. Alors que la décision commune sur l’avenir du Scaf est attendue depuis la fin de 2025, ils ont choisi de temporiser une nouvelle fois sans trancher. “Je suis convaincu du potentiel de ce programme et je crois qu’il revêt une importance stratégique, et les armées françaises et allemandes partagent ce même point de vue”, a assuré Macron. Les industriels, selon lui, adhèrent aussi à cette évaluation, mais “ils ne parviennent pas encore à se mettre d’accord entre eux”. “Notre tâche consiste à les amener à se mettre d’accord sur une orientation claire, faisant consensus entre toutes les parties prenantes”, a-t-il ajouté.
Au début du mois, Dassault a accusé Airbus d’entraver le développement du Scaf, un projet qui a déjà connu des affrontements et des retards. Le Scaf demeure l’un des dossiers emblématiques de la coopération défensive européenne, lancé en 2017 par Emmanuel Macron et l’ancienne chancelière allemande Angela Merkel. L’Espagne a rejoint l’initiative en 2019. Cependant, les rivalités industrielles freinent son avancée, et Berlin n’exclut pas de privilégier une option comportant deux avions distincts, une solution qui ne bénéficie pas de l’aval parisien.







