Invité sur le plateau des 4 Vérités ce vendredi 13 mars, le député du RN, Jean-Philippe Tanguy, est revenu sur la controverse entourant les propos de Marine Le Pen au sujet du caractère jugé jeune d’Emmanuel Macron. Pour certains, cela a donné l’impression d’un parallèle implicite avec Jordan Bardella, également affilié au RN.
Ce passage provient d’une section de la retranscription de l’interview mentionnée ci-dessus. Pour consulter l’intégralité de l’entretien, lancez la vidéo.
Cyril Adriaens-Allemand : Bonjour Jean-Philippe Tanguy. À Châlons-en-Champagne (Marne), Jordan Bardella et Marine Le Pen ont tenu un meeting pour galvaniser les troupes avant le second tour des municipales de 2026. Avant d’aborder les enjeux, pouvez-vous éclairer cette courte phrase proférée par Marine Le Pen hier, mercredi 18 mars ? Elle s’adressait à une électrice qui envisageait de soutenir Bardella en 2027 ? « Macron était jeune et il a quand même accompli quelque chose d’épouvantable », a-t-elle déclaré. Certains y ont vu une critique réservée à la jeunesse de Jordan Bardella.
Jean-Philippe Tanguy : Ce n’est pas du tout cela. Juste avant, dans ses propos antérieurs, Marine Le Pen répondait à cette électrice qu’elle avait raison au sujet de Bardella, alors je ne comprends pas la polémique qui s’est répandue. Il n’y a pas matière à polémique. La jeunesse est-elle un handicap en politique ? Non. (…) Pour Bardella, c’est un atout. Quand il s’agit d’Emmanuel Macron, là, cela peut être perçu comme un défaut, parce que les valeurs portées par Macron étaient pernicieuses et trompeuses pour le pays. On l’a tous constaté. Ce n’est absolument pas contre Bardella. D’ailleurs, si vous regardez la vidéo dans son ensemble, Marine Le Pen défendait au contraire les qualités de Bardella, et ce même soir, ils étaient ensemble (…) lors d’un meeting pour mobiliser nos électeurs, car il reste encore beaucoup de communes à gagner, et surtout pour éviter que la gauche n’emporte tout.
Cyril Adriaens-Allemand : Cela dit quelque chose du climat politique et du malaise de vos électeurs. Deux candidats potentiels seraient encore en jeu, selon eux. Autrement dit, certains disent à Marine Le Pen : « moi, je préférerais voter Bardella ».
Jean-Philippe Tanguy : Au Rassemblement National, la liberté d’expression prévaut et, effectivement, nous avons toujours eu ce duo (Marine Le Pen et Jordan Bardella, NDLR), mais ce n’est pas un souci, c’est une force. Les autres n’ont même pas de candidats en lice, ou bien personne ne veut prendre le poste. Nous, nous avons la chance d’avoir deux personnalités de qualité et, qui plus est, elles jouissent d’une grande popularité, puisque Marine Le Pen et Jordan Bardella figurent parmi les figures les plus connues du paysage politique. Il faut rester modestes et ne pas s’excuser d’avoir deux leaders qui portent nos idées.
Cyril Adriaens-Allemand : À l’approche du second tour des municipales dimanche, combien de mairies pensez-vous pouvoir conquérir dans trois jours ?
Jean-Philippe Tanguy : Impossible à dire à l’avance. C’est aux électeurs de faire leur choix en toute liberté.
Cyril Adriaens-Allemand : Avez-vous des objectifs listés ?
Jean-Philippe Tanguy : Non, car on ne peut pas les connaître avec certitude. D’ailleurs, on n’annonce pas des chiffres pour des villes comme si c’était une foire aux prix. L’enjeu, c’est surtout de mobiliser et d’inciter les électeurs à voter pour des maires du Rassemblement National afin de réduire la fiscalité et de restaurer la sécurité. Voilà nos deux priorités essentielles, réaffirmées mercredi 18 mars par Marine Le Pen et Jordan Bardella. Dans de nombreux endroits, il s’agit aussi d’empêcher une gauche radicalisée d’alourdir les impôts. Je constate, dans les communes de Picardie, que les listes de gauche en lice envisagent des lendemains financiers compromis. Elles promettent des choses sans réalité et cela reviendra sur les classes moyennes, car il n’y a pas de milliardaires ou d’individus à plumer dans les communes picardes.
Cyril Adriaens-Allemand : Jean-Philippe Tanguy, vous évoquez une dynamique particulièrement forte au RN depuis le dimanche 15 mars, jour du premier tour des municipales, mais les chiffres montrent une image plus contrastée. Sur 33 000 communes, 24 ont élu un maire affilié au RN. Est-ce réellement une progression spectaculaire pour vous ?
Jean-Philippe Tanguy : Oui, mais il faut noter que l’essentiel de ces 33 000 communes se situe en milieu rural. Dans ma circonscription, j’ai 227 communes, et près de 220 d’entre elles n’ont présenté qu’une liste sans étiquette locale. Je salue tous les maires élus. Il n’y avait pas de candidat du RN dans ces mairies; ce sont des listes sans affiliation qui ont prévalu dans la ruralité. Ceux qui nous regardent le savent : il est rare d’avoir un maire officiellement affilié à un parti. S’ils en ont une, ils la laissent de côté. En Picardie, beaucoup de maires sans étiquette apportent leur soutien à Marine Le Pen.
Cyril Adriaens-Allemand : Et dans les villes moyennes, on observe une sorte de plafond. Une série de listes est présente. Je ne peux pas toutes les citer ici, mais par exemple, en 2014 vous étiez qualifiés pour le second tour dans 112 villes moyennes; en 2026, ce chiffre tombe à 95. Il n’y a donc pas de croissance dans ce segment…
Jean-Philippe Tanguy : Notre choix était délibéré : réduire le nombre de listes pour rehausser le profil de nos candidats et, s’ils l’emportent, assurer une gestion efficace des communes. C’est ce que nous avons fait, de manière volontaire. Dans les villes moyennes évoquées comme Châlons, nous avons enregistré une progression d’environ 8 %, et tout se passe très bien, honnêtement. Nous nous satisfaisons de ces résultats et appelons les électeurs à se mobiliser et à soutenir un bon projet, en particulier en Picardie. Je déplore aussi que nous n’ayons pas pu conclure des fusions entre un certain nombre de listes de droite, malgré l’appétit des électeurs pour cela. D’après un sondage publié hier, sept à huit électeurs sur dix parmi les Républicains souhaitaient des fusions entre les listes du RN pour servir l’intérêt des communes. Or, M. Bertrand en Picardie et M. Retailleau ont bloqué ces fusions, alors même qu’ils collaborent souvent avec Macron, voire avec la gauche, mais refusent ponctuellement de s’allier au Rassemblement National, ce qui est regrettable.
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