Dimanche, Bally Bagayoko a été élu maire de Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, et il entend lancer le processus de désarmement de la police municipale qui dessert la commune. Cette initiative est fortement critiquée par le Rassemblement national, qui propose d’examiner les éventuelles demandes de mutation des agents concernés.
Quatre jours après le deuxième tour des élections municipales et alors que les conseils élus dimanche 22 mars ne sont pas encore installés, Bally Bagayoko, maire tout juste élu à Saint-Denis et candidat insoumis qui succède au socialiste Mathieu Hanotin, promet de refondre les domaines d’action et l’équipement de sa police municipale.
Mardi 24 mars, sur France 2, le nouveau maire déclare vouloir « entrer dans un processus de désarmement de sa police municipale » et précise aussitôt sa position : le maire de Saint-Denis souhaite que ses policiers municipaux n’utilisent plus de LBD (lanceurs de balles de défense), qu’il décrit comme « des armes difficilement contrôlables et aux conséquences parfois dramatiques ».
Le LBD désigne ces projectiles en caoutchouc tirés par les forces de l’ordre pour disperser des foules et qui provoquent régulièrement des blessures, parfois graves, chez les manifestants. Faut-il le rappeler : Bally Bagayoko ne remet pas en cause le port d’armes à feu pour les policiers municipaux de sa ville. « Les armes à feu, pour l’instant, nous les gardons », explique-t-il, tout en rappelant que les agents dionysiens n’étaient pas armés avant 2020. Avec une population de 150.000 habitants, la ville frontalière du nord de Paris bénéficie d’une police municipale composée de 160 agents et pas moins de 850 caméras de vidéosurveillance ont été installées à travers le territoire.
Les mairies RN perçues comme des lieux d’accueil pour les policiers
Cette intervention a aussitôt provoqué la colère des partis d’extrême droite. Marine Le Pen s’est exprimée sur le réseau social X : « Nos nouvelles municipalités seront ravies d’étudier leurs dossiers », répondant aux dizaines de policiers municipaux de Saint-Denis qui, selon elle, auraient demandé leur mutation peu après l’annonce de Bally Bagayoko.
Jeudi matin, sur X également, Jordan Bardella a réagi avec une nouvelle touche : « Au vu de la mise en danger des agents de la police municipale par les nouveaux maires LFI qui souhaitent les désarmer, nos communes sont prêtes à accueillir ces fonctionnaires. » Bardella n’a pas tari d’éloges sur l’expression employée pour décrire ces territoires : les mairies RN, vues comme des « terres d’accueil » pour les policiers municipaux. C’est l’expression qu’il emploie intentionnellement.
Éric Ciotti, le nouveau maire de Nice, désormais allié au RN, a estimé pour sa part que « La police municipale de Nice a besoin de renforts. Nous serons fiers d’accueillir les agents de Saint-Denis menacés par la décision irresponsable de désarmement prise par la mairie LFI », le 25 mars. Puis il précise plus tard : « Après notre proposition d’accueillir les policiers municipaux de Saint-Denis, désarmés par leur maire d’extrême gauche, 2 premières candidatures nous sont parvenues ! J’incite tous leurs collègues à en faire de même : ils sont les bienvenus à Nice ! ».
« Aucun commentaire à recevoir », réplique de LFI
Ces messages n’ont pas tardé à provoquer des réactions sur les réseaux sociaux. Manuel Bompard, coordonnateur national de La France insoumise, affirme qu’il « n’a aucune leçon à recevoir alors que dans 80% des villes gérées par le RN la criminalité a augmenté. C’est vous qui mettez en danger les policiers municipaux en les poussant à effectuer des interventions périlleuses normalement dévolues aux policiers nationaux », écrit le porte-voix insoumis.
Un autre député de LFI, Antoine Léaument, renchérit : « Nos mairies seront des terres d’accueil pour ceux qui subissent le racisme, les discriminations et les violences policières. »







