Confrontés à des coûts de carburant qui restent élevés, de nombreux conducteurs se tournent vers des solutions moins coûteuses, comme la reprogrammation du moteur. Pourtant, cette technique évolue dans une zone grise du cadre légal.
Les tarifs à la pompe restent élevés. Le SP95-E10, carburant préféré des Français, s’affichait jeudi 26 mars à 1,985 euro le litre, en baisse d’un centime par rapport à la veille, marquant ainsi la première diminution depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient. Le prix de l’essence commence donc à s’éloigner légèrement du seuil symbolique des 2 euros par litre.
Pour autant, face à des niveaux de prix toujours aussi élevés, les automobilistes recherchent des solutions alternatives : voiture électrique, covoiturage… ou encore biocarburant. Le E85 s’affiche autour de 0,85 euro le litre en moyenne. Dans ce garage de Larche, en Corrèze, un nombre croissant d’usagers se renseignent pour installer des boîtiers de conversion homologués. Ou, option moins onéreuse mais pas entièrement dans les clous, en se tournant vers un reprogrammateur informatique.
Une heure de programmation et 450 euros, mais une zone juridique incertaine
Florian, installé dans son atelier, assure enregistrer une hausse d’environ 20 % des demandes depuis le début du mois de mars, et ce en raison de la crise au Moyen-Orient. Il prend l’exemple d’une voiture de sport : « Voici le moteur, qui se prête assez bien à la conversion en éthanol. » Il ouvre alors une grosse unité placée dans le capot, le calculateur, et l’ajuste en fonction des paramètres du E85. « On extrait la cartographie à l’aide d’un boîtier et ensuite on intervient sur l’ordinateur, où l’on peut modifier… », détaille-t-il. Après une heure de travail sur le logiciel et pour un coût de 450 euros, Eric, le propriétaire, savoure déjà le résultat : « C’est impeccable ! J’ai mis 40 litres pour 32 euros… Avant, c’était 70 euros. »
Le E85 s’avère donc rentable, mais certains automobilistes restent réticents : cette reprogrammation moteur se situe au cœur d’un flou juridique. « Le fait de reprogrammer son véhicule nécessite une homologation. Or aujourd’hui, il n’existe pas de procédure d’homologation. Ça n’existe pas. C’est une zone grise », précise le garagiste. En cas de litige, si l’assurance détecte la modification, elle peut se dédire. Mais en pratique, la détection est complexe.
Qu’à cela ne tienne : face à la flambée des prix du carburant, Cyprien, gros rouleur, a choisi de prendre ce risque : « Un petit risque pour obtenir une belle récompense au quotidien, on va dire ! Mais, actuellement, en Corrèze, la voiture est quasi indispensable. Puisqu’il y a toujours ce flou juridique, je préfère quand même essayer de payer un peu moins cher le prix de l’essence… »
Avant de préciser qu’il travaille entre la Corrèze et la Marne, à plus de 600 kilomètres.







