Ce matin-là, jeudi 26 mars, un hommage national a été rendu aux Invalides, à Paris. Emmanuel Macron a déclaré qu’il resterait le Premier ministre d’une modernisation inédite de la France, et l’ensemble de la classe politique a salué unanimement cette figure majeure de la gauche française. Lionel Jospin a ensuite été inhumé au cimetière du Montparnasse, en présence de centaines de citoyens français, non loin de Jacques Chirac.
Ce fragment provient d’un extrait de la retranscription du reportage présenté ci-dessus. Pour le visionner dans son intégralité, cliquez sur la vidéo.
Plusieurs courants de la gauche s’étaient réunis autour de Lionel Jospin, qui faisait office de mentor, pour un hommage ce matin-là, jeudi 26 mars. Ses proches s’entremêlaient à une foule d’anonymes, souvent des militants, qui ont vu en lui un repère ou un idéal politique. « Cela fait un an et demi qu’il accompagnait notre campagne. Il est adorable, c’est douloureux depuis qu’il est parti », témoigne une femme profondément émue, montrant sur son téléphone une photo d’elle aux côtés de l’ancien Premier ministre.
Dans le livre d’or, des témoignages intimes, des souvenirs d’une politique qui a laissé son empreinte se succèdent. « C’est une juste récompense pour tout ce qu’il a accompli pour nous tous, pour notre pays », affirme une autre. « C’est une référence pour nous. C’était quelqu’un de très intègre », estime une retraitée. Un jeune homme ajoute : « C’est une figure de gauche qui a commencé dans une logique révolutionnaire et qui a ensuite évolué vers une gauche de compromis, mais qui a permis, en fin de compte, de faire progresser les courants de gauche dans un paysage dominé par la droite. »
La classe politique salue ses réalisations
Et pour ceux qui l’avaient accompagné dans l’action, l’homme ne se tenait jamais loin du rôle qu’il incarnait. « Des discussions souvent sérieuses, mais qui se terminaient presque toujours par des éclats de rire. Car oui, Lionel aimait rire, je le précise, car certains ne l’avaient pas encore vu comme ça », se souvient avec émotion l’ancien ministre du Travail du Parti socialiste, Martine Aubry.
Quelques instants plus tôt, au son des Feuilles mortes, Emmanuel Macron rendait un hommage national à l’homme du Pacs et des 35 heures : « Lionel Jospin a, durant ces années, modernisé la vie économique, sociale et démocratique du pays. Il a aidé la France à entrer dans ce siècle qui s’ouvrait », a déclaré le président dans son allocution.
Les vétérans de la gauche plurielle, paraissant presque orphelins à leurs yeux, évoquent un héritage fragile : « Tout ce que la gauche a accompli dans ce pays demeure, les dispositifs sociaux subsistent, l’esprit d’antan aussi, l’industrialisation et l’ouverture au monde restent, tout ce qui nous manque aujourd’hui », a souligné Dominique Strauss-Kahn, ancien ministre de l’Économie.
Au cimetière du Montparnasse, Lionel Jospin reposera non loin de Jacques Chirac, son adversaire lors de la présidentielle et son Premier ministre durant la période de la cohabitation.







