Le coût du gaz s’envole alors que le conflit au Moyen-Orient se prolonge, entraînant des répercussions jusque dans les boulangeries françaises. Nombre de professionnels disposent déjà d’un four électrique, ce qui leur offre la possibilité de diminuer leurs coûts énergétiques.
Le conflit au Moyen-Orient entraîne une hausse des prix du gaz. La CGT a d’ailleurs pris position mardi 6 avril en faveur du rétablissement des tarifs réglementés pour le gaz et l’électricité, établis sur la base des coûts de production plutôt que des fluctuations du marché.
Du côté du gouvernement, l’annonce d’un plan d’électrification est attendue cette semaine, mais certains acteurs ont déjà amorcé la transition pour diminuer leur dépendance vis-à-vis des énergies fossiles.
C’est le cas d’Iris Chaumont, responsable de la boulangerie Le pain d’Adam, située à Paris. Il y a quelques mois, elle a remplacé son four à gaz par un modèle électrique. Ce choix paraît aujourd’hui rentable: moins d’un an après l’installation, elle remarque déjà une différence notable sur ses factures.
« Réduction moyenne d’environ 20% des dépenses énergétiques mensuelles »
« Nous constatons une diminution d’environ un cinquième de notre facture d’énergie chaque mois », détaille Iris. « Cela représente environ 3 500 euros d’économies annuelles, ce qui n’est pas négligeable. » Auparavant, elle utilisait un four à gaz. Lorsqu’il est tombé en panne, elle l’a remplacé par un appareil électrique, ce qui lui permet non seulement d’économiser, mais aussi de mieux maîtriser sa production.
Avec ce nouveau four à quatre niveaux, installé dans le sous-sol de sa boulangerie, elle peut sans difficulté faire cuire plusieurs produits simultanément à des températures différentes : « On peut programmer des recettes et des temps de cuisson distincts sur chacun des étages », explique-t-elle. Alors que des pains traditionnels cuisent sur un étage, les autres restent éteints, et elle se félicite de ne plus voir « une fuite d’énergie ».
Sur l’écran tactile à gauche de la porte du four, la boulangère consulte régulièrement les paramètres pour suivre sa consommation d’énergie. Lors de ses dernières fournées, elle note des économies situées entre 10 et 15%.
« En 50 ans, on est passé de zéro à 90% d’électrique »
Comme Iris, nombre de professionnels de la boulangerie ont adopté l’électrique, observe Benoît Sévin, PDG de Bongard, premier constructeur d’équipements pour les boulangeries en France. « En cinquante ans, l’usage de l’électricité est passé de pratiquement rien à environ 90%. Cette transition énergétique dans la boulangerie est une avancée positive. Il faut savoir que le four demeure le poste le plus énergivore d’un fournil et représente deux tiers de la consommation d’énergie », détaille-t-il.
« Pour accélérer cette transition énergétique aussi rapidement que possible, il faut cibler en priorité le poste du four. »
Benoît Sévin, le PDG de Bongardà 42mag.fr
Passer à l’électrique comporte néanmoins un coût. Entre le coût des travaux et la mise aux normes électriques, Iris a investi 80 000 euros pour son nouveau four. Benoît Sévin reconnaît que cela peut constituer un frein : « Ce n’est pas toujours évident en termes de délai et de coût. Il faudrait que les acteurs de l’énergie en France puissent offrir un accès plus rapide, et peut-être moins onéreux également. » Il ajoute par ailleurs que la hausse des prix des énergies fossiles et le plan d’électrification du gouvernement devraient encourager les derniers boulangers encore au gaz à basculer vers l’électricité.







