Auprès de Matignon, on estime que le coût total de ces annonces s’élève à 70 millions d’euros, une somme destinée à absorber la flambée des prix provoquée par le conflit au Moyen-Orient.
Ce qu’il faut savoir
Le baril de Brent a de nouveau franchi le seuil des 110 dollars le vendredi 27 mars, et la flambée des cours du pétrole ne semble pas près de s’arrêter. Le ministère de l’Economie, dirigé par Roland Lescure, a présenté un ensemble de mesures ciblées à l’intention des pêcheurs, des agriculteurs et des transporteurs routiers. Pour le secteur de la pêche, l’État propose une enveloppe de 5 millions d’euros destinée à atténuer le coût du carburant, soit une compensation équivalente à une réduction de 0,20 euro par litre. Ces fonds seront versés directement aux pêcheurs sous forme de remboursement, et non sous forme de ristourne appliquée à la pompe. Les transporteurs « les plus touchés » bénéficieront d’une aide forfaitaire, dont l’objectif est d’être plus ciblée que celle de 2022, pour un total de 50 millions d’euros. Enfin, les agriculteurs profiteront d’une exonération de la taxe sur le gazole non routier (GNR) utilisé dans les tracteurs, estimée à 14 millions d’euros pour l’État. Le financement de ces mesures proviendra par des annulations de crédits équivalentes dans les ministères concernés.
- Aucune mesure générale. Avant cette conférence de presse, le gouvernement avait écarté l’idée de réduire les taxes sur les carburants ou de bloquer les prix, ce que réclament le Rassemblement national et La France insoumise. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, avait qualifié les mesures d’ensemble d’« inefficaces », d’« coûteuses » et d’« souvent contre-productives ».
- La FNSEA mécontentée après ces « mesures-tampons ». « La colère est grande », a réagi sur 42mag.fr le vice-président de la FNSEA, Luc Smessaert. « On dirait des miettes qui nous sont données », s’est-il insurgé. « Nous allons assister à de nombreuses exploitations en grande difficulté, alors même que le printemps exige d’aller travailler les champs. »
- Les infirmiers libéraux oubliés par les aides publiques. Daniel Guillerm, président de la Fédération nationale des infirmiers, premier syndicat des infirmiers libéraux, a exprimé sur 42mag.fr une « profonde amertume ». « La profession attendait fortement une aide sectorielle ».







