Une aide concrète destinée aux petites et moyennes entreprises incarne l’esprit du prêt éclair pour le carburant, dévoilé ce vendredi 3 avril par le ministre de l’Économie, Rolland Lescure. Les domaines les plus exposés à la fragilité économique en bénéficient en priorité : l’agriculture, la pêche et le secteur des transports routiers. Quant aux infirmières, elles estiment être injustement exclues de ce dispositif.
Cette section du texte provient d’une partie de la retranscription du reportage évoqué ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour le visionner dans son intégralité.
Un agriculteur originaire du Bas-Rhin est pris de plein fouet par la hausse des carburants. Sa facture a littéralement plus que doublé en quelques semaines. Pour alléger les flux de trésorerie, le gouvernement propose un prêt express carburant de 5 000 à 50 000 euros, remboursable sur trois ans, destiné aux petites et moyennes entreprises. Cela demeure toutefois insuffisant pour lui. « C’est juste repousser l’échéance. Après, il faut le rembourser. Il y aura des intérêts en plus à payer. Ça va être une charge supplémentaire aussi. Ce qu’on demande plutôt, c’est qu’on nous rembourse au moins 30 centimes du litre par rapport à l’augmentation », indique Laurent Fischer, agriculteur à Lingolsheim (Bas-Rhin).
Autre secteur lourdement consommateur : les transporteurs. Rassemblés sur le bord d’une départementale près de Niort (Deux-Sèvres), l’aide proposée par l’État ne leur paraît pas suffisante. « C’est un pansement (…). Sur l’instant T, ça va nous aider. Mais quoi qu’il arrive, il faudra le rembourser », affirme Sébastien Chailler, artisan transporteur.
Les infirmières ne pourront pas prétendre au dispositif
Une station affiche le gazole à 2,39 euros, samedi 4 avril, et le diesel premium à 2,44 euros, des tarifs bien trop élevés pour les professionnels. « 80% des marchandises passent par les camions. Si nous ne roulons plus, les consommateurs n’auront plus rien. Et si on roule, leur caddie coûtera une fortune », assure Joël Laforgue, artisan transporteur.
Sarah Dagorn, infirmière libérale dans le Finistère, a choisi l’humour pour réagir. « En ce moment, faire le plein, ça pique un peu. Alors je me suis dit, pourquoi ne pas changer de moyen de transport. Et voilà, me voici à cheval. Faut dire que mon métier, c’est beaucoup de routes », lance-t-elle dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux. Elle aussi se sent oubliée par la crise énergétique et ne peut pas prétendre à ce prêt. « Nous sommes les routiers de la santé publique. Donc nous passons autant de temps en voiture qu’auprès de nos patients », estime l’infirmière libérale. À partir du 13 avril, il sera possible de déposer une demande en ligne pour le prêt. Le décaissement interviendra sous sept jours.







